Entrer dans le « oui » de Jésus

13e dimanche du temps ordinaire, Année C,
Lc 9, 51-62

Vivre, c’est aimer, et aimer, c’est s’ouvrir et ouvrir. Métaphore? Si l’on veut, mais qui exprime une réalité si essentielle.

Causerie, Neuilly (France), 1934
Mise en ligne: 23.06.22
Temps de lecture: 2 mn

Causerie donnée par Maurice Zundel à l’école de La Fayette (ce sont certainement des notes, fidèles, d’auditeurs). Allusion à un passage de l’Evangile de ce dimanche, où Jacques et Jean sont réprimandés pour leur intolérance.

Nous savons si bien ce qu’est un visage fermé par la haine, par la colère, par la jalousie, par toutes ces passions qui reflètent le moi, et nous sentons si bien tout le rayonnement qui émane d’un visage qui s’ouvre dans un sourire de sympathie, de bonté et d’amour…

Savons-nous nous-mêmes si nous croyons?

Il faut donc nous ouvrir, et il faut être oui et qu’il n’y ait pas de non en nous.

L’Evangile nous rapporte l’accusation des pharisiens contre les disciples de Jésus, qui mangeaient sans d’être lavés les mains: leur religion dit non avant de dire oui.

Ils limitent au lieu d’immensifier.

Ils diront bientôt: « Il a blasphémé », en parlant du Fils de Dieu.

Mais les pharisiens n’ont pas le monopole du non dans l’entourage immédiat de Jésus.

Ses plus chers disciples, Jacques et Jean lui-même, veulent appeler le feu du ciel sur les villages hostiles de Samarie ou empêcher l’exorciste qui invoque le nom de Jésus sans appartenir à la compagnie des disciples, comme Pierre veut établir, à coup d’épée, le Royaume de Dieu, qui est pourtant le royaume de l’esprit et le royaume de l’amour…

Mais Jésus reste oui au milieu de toutes ces sollicitations.

Il est l’Amen éternel de l’Amour.

Nous ne pouvons être ses disciples qu’en étant oui nous-mêmes, qu’en intégrant toute vérité, en nous réjouissant de toute vertu, en accueillant toute faiblesse et en prenant sur nous tout péché.

Il ne s’agit pas de dire d’abord aux gens, avec un air scandalisé: « Vous ne croyez pas de façon juste; cette proposition est hérétique et frappée d’anathème! ».

Il s’agit, au contraire, de prendre appui sur toute vérité qu’une âme peut déjà posséder pour lui faire porter du fruit, l’ouvrir à une possession plus complète de la lumière.

Savons-nous nous-mêmes si nous croyons?

Jusqu’à quel degré nous croyons, si nous ne possédons pas une intelligence sûre du message de Jésus, si nous ne le limitons pas par notre intelligence même et, plus encore, par notre vie?

Nous ne sommes nous-même que des commençants, nous épelons l’éternelle Parole, nous sommes en marche vers le Coeur adorable.

Comment le montrer mieux qu’en demeurant aussi ouvert que lui-même?

Que la douceur du visage de fête du Christ vous apparaisse!

Quand les hommes verront le visage d’amour, quand Dieu leur apparaîtra comme la tendresse qui ne cesse de veiller sur eux, quelles raisons auront-ils encore de se détourner, puisque c’est cela même qu’ils cherchent dans toutes leurs voies?

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