Nous sommes le corps du Christ, solidaires de toute l’humanité et de tout l’univers

Epître
de saint Paul(I Cor. 12/12-30)  « … Notre corps forme un tout. Il a pourtant plusieurs membres et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. Tous, Juifs ou païens, esclaves  ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par l’unique Esprit… Vous êtes le Corps du Christ et chacun pour votre part, vous êtes membres de ce Corps… »

Commencement de l’Evangile selon saint Luc (Luc 1, 1-3 ; 4, 14-21 )

Chers sœurs et frères,

[Lorsqu’un chirurgien se trouve devant un malade dont les analyses sont mauvaises et qu’il faut trancher dans le vif, taillader dans la chair, il semble que le mal n’est plus localisé, que des métastases se sont produites et qu’il s’agit d’un cancer généralisé. [… La phrase précédente, surtout la première ligne, demeure incertaine, même si le sens général est sûrement celui retenu… ] Vous en avez peut-être vous-même été témoin auprès d’êtres qui vous étaient chers et vous avez expérimenté cette solidarité de toutes les parties du corps dont nous parle saint Paul dans l’Epître d’aujourd’hui.

Cette solidarité est telle que si un fragment de ce corps, une partie de ce corps est atteinte d’un cancer, il est à prévoir, si l’on n’intervient pas assez tôt, que des métastases se produiront, que tout le corps finira par être envahi et livré à la destruction.

Cette solidarité de toutes les parties du corps – saint Paul vient de nous le rappeler, avec insistance – figure et symbolise la solidarité de cette humanité, de tous ces êtres humains qui semblent appelés à constituer le Corps du Christ.

Vous êtes le Corps du Christ. Vous êtes, tous ensemble, un seul être, un seul but, une seule personne dans le Christ. Il est essentiel, par conséquent, à la santé de ce corps qui est le Corps du Christ, que chacun de ses membres soit lui-même en parfaite santé.

Cela nous induit, immédiatement, à une découverte d’une importance infinie : c’est que notre santé, c’est-à-dire notre équilibre spirituel, notre sincérité, notre vérité intime, sont indispensables à la santé du Corps mystique, à la réalisation parfaite du Corps de Jésus-Christ.

Cela veut dire que nous sommes débiteurs de notre vie privée, comme on a coutume de  dire, de notre vie la plus intime. Nous sommes débiteurs de cette vie, dont Dieu seul connaît le secret, nous en sommes débiteurs à l’égard de tous les êtres humains, à l’égard de tout l’univers dont nous avons la charge.

Cela veut dire qu’aucune action, aucune pensée, aucune affection, aucune décision ne peuvent être en nous quelque chose de privé. Il n’y a rien de privé dans une vie chrétienne, c’est-à-dire dans une vie authentiquement humaine. Il n’y a rien de privé, tout est personnel et donc tout est universel.

Parmi les exigences de la perfection que nous rencontrons et dont notre conscience est la voix, parmi toutes ces exigences, il y a précisément celle-là que nous sommes membres les uns des autres et que notre santé personnelle, c’est-à-dire notre vérité personnelle, est engagée dans la vie de tous.

C’est cela qui donne la mesure de notre importance unique, de notre grandeur incommensurable, de sorte que dans notre vie rien n’échappe à l’universalité. Et le concours de chacune de nos vies est ainsi apporté à la vie du Corps, du Corps de Jésus-Christ.

C’est notre action la plus essentielle. Les fonctions que nous devons accomplir dans la vie sociale, sont sans doute utiles. Elles sont nécessaires, éventuellement, mais ce n’est pas cela qui constitue notre action la plus profonde, la plus continuelle, la plus indispensable, car justement notre action créatrice, notre action universelle se situe au plus profond de notre vie personnelle. C’est ce qui se passe, finalement, dans notre cœur, dans notre pensée, qui représente notre action dans l’univers.

Et à travers toute cette purification, qui peut être à double entente, qui peut être communion des saints ou la communion des ténèbres, à travers cette communication, notre vie influe sur toute l’humanité et sur tout l’univers. Personne ne peut donc se plaindre que sa vie soit sans importance, car toutes les vies ont la même importance au regard de cette vérité intérieure. Chacun, même s’il est seul, dans sa chambre, chacun, même s’il est solitaire, dans sa maison, chacun est présent au monde entier et chacun dispose de tout l’univers.

C’est bien pour ce motif d’ailleurs que […l’Eglise s’efforce] pour restaurer cette confession sacramentelle qui est en voie de disparition, parce que nous ne sommes pas seulement coupables envers Dieu, du fait que nous éteignons en nous la lumière de sa Présence, mais nous sommes coupables envers toute l’humanité et tout l’univers et nous devons obtenir le pardon et l’absolution de toute l’humanité et de tout l’univers.

A travers l’humanité du Christ, dans l’humanité du prêtre […] et du sacrement, à travers l’humanité de notre Seigneur, c’est toute l’humanité qui nous absout, c’est tout l’univers qui nous pardonne. La confession sacramentelle a, précisément, comporte essentiellement cette ordination à l’humanité et à l’univers. Nous ne sommes pas seuls devant Dieu, nous ne pouvons […]à Dieu qu’en prenant en charge toute l’humanité et tout l’univers.

Et quand nous manquons de vérité dans notre vie intime, c’est toute l’humanité qui est blessée, c’est tout l’univers qui est […] Si nous devons donc restaurer l’ordre que nous avons rompu, il faut que nous rétablissions des relations de lumière et de vérité avec toute l’humanité et tout l’univers, en obtenant le pardon de l’une et de l’autre.

[…] de la lumière la plus profonde.    [ …] cette épître de saint Paul que nous venons de lire, nous […] tout simplement notre activité d’êtres humains, cette activité n’a de sens, n’a d’efficacité qu’à partir de la vérité même de notre vie. Nous sommes donc sous le regard de Dieu, mais nous sommes sous le regard de toute l’humanité et de tout l’univers.

Dans les moments difficiles, quand les obstacles nous semblent insurmontables, nous ne pouvons […] à cette perspective universelle qui engage précisément notre vie la plus secrète et la plus intime. Cela d’ailleurs nous permettra […]  parce que chaque action, chaque sacrifice, chaque acte de générosité accompli dans notre for intérieur, dans le secret de nos cœurs porte la garantie d’une efficacité solide.

Le Christ, dont la vie a été si longtemps une vie cachée, une vie sans éclat, une vie tellement commune et tellement ordinaire que les gens de Nazareth se sont scandalisés de le voir prendre la parole avec autorité et affirmer qu’il est l’accomplissement même des Ecritures.

Il est bien certain que ce temps de la vie cachée de Jésus n’a pas été du temps perdu. Il a aussi bien racheté le monde par son labeur genre d’action que par son ministère public, parce que justement, la seule action qui compte, la seule qui soit créatrice, la seule qui rayonne sur l’intériorité de l’être humain et qui est donc la seule qui puisse le toucher dans sa réalité vivante, cette action parle à notre cœur, à notre esprit, dans la mesure où notre esprit et notre cœur se rectifient, se purifient sous le regard de Dieu.

Nous voulons donc garder de cette rencontre avec saint Paul, dans l’Epître d’aujourd’hui, le sentiment de la grandeur immense de notre vie.

La vie la plus cachée, la plus coupée de toute action qui puisse retentir dans le monde extérieur, notre vie intime est immense, elle est infinie, elle est indispensable, parce que c’est à travers le secret de notre intimité que la Présence de Dieu va se communiquer comme une contagion de lumière et d’amour.

Cassette très difficile à entendre, ce qui peut expliquer que les premiers transcripteurs n’ont pas relevé plus du tiers du texte, d’où la profusion de […]   02-10-03