Le rayonnement de l’enfant
25e dimanche du Temps Ordinaire, Année B,
Mc 9, 30-37
Zundel accueillait les enfants avec un lumineux sourire, car il les voyait dans leur innocence déchirante et leur ouverture vers la lumière.
«Le corps d’un enfant est comme le corps du Seigneur : je ne suis digne ni de l’un ni de l’autre», écrivait Oscar Wilde, en apprenant, dans sa prison, qu’il était déchu de sa paternité.
Billet, Lausanne (Suisse) 1954
Mise en ligne: 14.09.21
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S’il l’avait compris plus tôt, le grand poète n’aurait pas connu le déshonneur qui devait le priver de son foyer. Mais peut-être aussi n’aurait-il pas éprouvé d’une manière aussi poignante la dignité de ces petits que l’Evangile propose à notre imitation, parce qu’ils sont pleinement capables de l’unique nécessaire: qui est d’aimer.
Un des plus beaux dons du Christ à l’humanité est, justement, le crédit qu’il fait à l’enfance
Je n’oublierai jamais le visage infiniment recueilli du petit garçon qui attendait la première visite du Seigneur avec des larmes si discrètes que j’en fus seul témoin.
La gravité et la noblesse de cette joie rendaient sensible l’intensité du don qui faisait de tout l’être un vivant reposoir.
Le corps respirait dans la lumière de l’âme tendue vers le baiser de Dieu et la vie se transfigurait dans l’Amour avec lequel elle s’échangeait.
Jamais elle ne me parut plus belle qu’en cet instant où un enfant en exprimait les plus hautes possibilités.
C’est un fait que le bonheur des parents est dans la main de leurs enfants. Mais c’est un fait aussi que les enfants ne disposent que du trésor de leur cœur et de leur esprit. Ils ne peuvent rien donner, en échange de la sécurité matérielle où se dépense la sollicitude de leur père et de leur mère, que le sourire de leur tendresse.
Mais un vrai sourire ne peut naître que d’une âme comblée et Dieu seul est capable de la remplir.
Cela restera l’honneur de Pie X d’avoir compris la faim divine de l’enfant et la grandeur spirituelle où il peut atteindre s’il est nourri de Dieu.
Un des plus beaux dons du Christ à l’humanité est, justement, le crédit qu’il fait à l’enfance, parce qu’à ses yeux la valeur d’un homme réside dans ce qu’il est et non dans ce qu’il fait.
Vêtu de la Présence divine qui lui est confiée, l’enfant, autant qu’un adulte, en porte le rayonnement et il passe au milieu de nous comme l’ostensoir de Jésus.


