Dieu, c’est une expérience
19e Semaine du Temps Ordinaire | Année A | Mt 14, 22-33; 1R 19, 9-13
Le prophète Elie, au bout de son chemin, fit l’expérience de Dieu comme une brise légère. Ces notes, tirées d’une conférence de Zundel en 1938, invitent à leur manière à une expérience du même ordre.
Il faut regarder notre vie bien en face et constater ce qu’elle est. Rien n’est plus difficile, parce que s’interposent tous les besoins que nous avons d’être ceci ou cela, avec les autres ou avec nous-même. Pourtant, si nous n’arrivons pas à élaguer toutes ces conventions, ces artifices, nous ne rencontrerons jamais le roc de la vérité.
Notes, 1938
Mise en ligne: 06.08.20
Temps de lecture: 2 mn

Que sera pour nous l’expérience de Dieu, nous ne le savons pas. Nous pouvons voir ce qu’elle a été, c’est tout. Il faut donc revenir à l’expérience, à la vie, à la liberté de notre être et se voir tel que nous sommes: honnête ou non, agréable ou désagréable, car ce n’est que dans la vérité que nous pouvons trouver Dieu.
Le Christ est entré dans la vie jusqu’au fond et l’a regardée en face. Devant la femme adultère, laissant les autres arborer leurs formules, il se tut et lui offrit le refuge de son silence et de son respect.
Dieu nous guérit de notre orgueil en venant à nous comme une brise légère, avec une humilité prodigieuse
Alors l’âme de cette femme battit des ailes, elle comprit soudain ce que c’était que la liberté de Dieu, fut blanchie de la tête aux pieds, parce qu’elle avait trouvé la vérité vivante en Christ.
Le Christ ne nous demande pas d’être autrement que nous sommes. Il nous demande seulement d’être vrai, sincèrement honnête, de le regarder comme un ami, un frère aîné.
C’est ce que Dieu fait avec nous. Jésus commença par s’agenouiller devant ses disciples. Il manifestait ainsi le visage d’un Dieu tout neuf, inconnu, scandaleux. Il dit à Pierre: « Si je ne te lave pas les pieds, tu ne pourras entrer en contact avec moi, car tu dois connaître l’humilité de ton Dieu ».
C’est ainsi que Dieu nous guérit de notre orgueil, non pas en flagellant notre égoïsme, mais en venant à nous comme une brise légère, avec une humilité prodigieuse qui, tout à coup, nous révèle notre âme en nous révélant Dieu.
Il n’y a qu’une seule réalité: la découverte du Dieu Esprit, du Dieu silence, du Dieu Amour, de ce Dieu qui n’est pas une puissance nous contraignant, mais une enfance éternelle qui nous est confiée. Dieu est un secret, une confidence d’amour.


