Découvrir en Marie le cœur même de Dieu

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box_icon_type= »icon » box_icon= »cmsmasters-icon-info-1″ box_icon_size= »30″ title= »Lettre de Maurice Zundel depuis Rome en 1925. Non édité. Zundel fut ordonné prêtre en 1919 puis il fut nommé vicaire à la paroisse Saint-Joseph de Genève. Il anima notamment un foyer de jeunes filles en désirant élever le niveau de compréhension de ses élèves issues d’un milieu populaire. Puis il fut exilé et envoyé à Rome par son évêque pour parfaire sa théologie, d’où il s’adressa à « ses enfants ».

Résumé : Zundel nous décrit dans cette lettre Ste Marie Majeure de Rome et son atmosphère, son espace. C’est Noël et la crèche est présente. Zundel recommande à ses enfants de Genève, de trouver dans le cœur de la Mère, le cœur même du Dieu Saint.

Mes bien chères enfants,

De ma fenêtre, je vois l’abside et la tour de Ste Marie Majeure. L’abside est blanche, mais d’une blancheur savonneuse, ambrée comme la chair d’un petit enfant.

La tour est rose, d’un rose de brique, où il y a ensemble du jaune d’ocre et du rouge corail. Autour du toit, une balustrade comme un diadème royal, pour qu’on voie le Ciel à travers. Deux coupoles, au nord et au sud, couronnent les chapelles latérales.

Les bas-côtés font corps avec, les palais adjacents qui forment les ailes de la façade, avec au centre, l’Atrium où s’ouvrent les grilles : comme la Cour d’Honneur de la Maison de la Vierge, et au-dessus : la loggia solennelle, au fond de laquelle émerge, touchant les nues, le visage du Christ.

À l’intérieur, vous rencontrez l’espace – ce qui vous arrive de même à St-Paul-Hors-les-Murs et à St-Jean de Latran, pour ne pas toujours citer Ste Sabine – l’Espace, c’est le grand mystère des Basiliques.

Vous entrez, et vous vous sentez aussitôt allégés d’une oppression dont vous n’étiez même pas conscient. Le regard s’en va librement, le regard s’en va devant soi, que rien n’arrête, jusqu’à l’Autel, et plus loin encore, jusqu’à la paisible mosaïque où trône le Fils de Dieu.

C’est le grand secret, d’avoir, sans l’appesantir et sans le captiver dans la Pierre, attiré l’Espace.

Le Plafond en caissons, est discrètement cloisonné d’or, dans la grande nef – Les petites sont, en effet, surmontées d’une voûte en berceau, comme une tonnelle, à l’ombre de laquelle la prière plus facilement trouve son chemin.

Et les bonnes femmes défilent, avec leur châle sur la tête, et leurs petits dans les bras. Elles n’ont point honte de leur pauvreté, ni du cri de l’enfant qui s’éveille et a peur à cause de l’ombre.

Elles sont chez elles, comme personne ne peut l’être n’ayant de palais que celui du Bon Dieu. C’est l’une d’elles que j’ai vue, ce matin, baiser avec ferveur, en entrant, la Porte Sainte.

J’ai célébré la Sainte Messe, entouré de ce peuple admirable et j’ai été frappé par le recueillement de tous ceux qui sont venue communier. Il y avait, entre autres, un soldat qui tenait ses mains croisées sur sa poitrine, avec une candeur si noble, et une joie si simple, que je croyais au Centurion de l’Évangile, présenter l’hostie.

Et j’ai passé devant le Tabernacle, où l’on garde la crèche du Bambino, que viendront, à Noël, vénérer les Romains et devant laquelle les petits enfants réciteront le sermon : scrupuleusement étudié dont ils sont, pour ce jour, traditionnellement chargés.

Puis, je m’en suis allé, en me retournant, pour voir encore la Tour jaune d’ocre rouge corail, avec ces fils qui partent du sommet de la Croix et s’écartent autant que les bras et descendent comme les cordages d’un grand mât.

Comme un grand navire, trapu et léger tout ensemble,

Comme l’Arche blanche de la Vierge,

Maison d’Or, Arche d’Alliance

Porte du Ciel, Etoile du Matin

Sainte-Marie Majeure.

C’est sur elle que se répand d’abord la lumière du jour. Et l’éclat en est si intense, que le soleil paraît, enfoncé dans la pierre, n’être plus qu’un morceau de la Tour.

C’est donc là qu’il faut aller, auprès de Marie s’agenouiller, pour lui demander de nous donner la rosée qui rend à l’âme sa fraîcheur, et le vivant Salut qui est dans ses bras : le petit Jésus.

Ainsi parut, sur la terre, le soleil de Justice. Avec elle confondu : Jésus dans le sein de sa Mère : « C’est pourquoi toutes les nations m’appelleront Bienheureuse »

C’est donc là qu’il faut aller, auprès d’elle s’agenouiller, pour lui demander de nous donner la rosée qui rend à l’âme sa fraîcheur et le vivant Salut qui est dans ses bras : le petit Jésus.

C’est ce que je vous souhaite pour Noël, c’est ce que je demande :

Que vous trouviez dans le cœur de la Mère, le cœur même du Dieu Saint.

Je voudrais vous offrir à toutes un cadeau, je ne le puis. Je voudrais être près de vous, mes très chères enfants, et je le suis par mes prières, par mon affection qui demeure inaltérable dans le Christ Jésus.

Frère Benoît

imn 25 1202

25/12/2017 décembre 2017

Zundel, Rome, 1925, lettre, Noël, Marie, Marie Majeure, porte sainte, espace, basilique, crèche, mère