Aimer sans fard

20ème dimanche du temps ordinaire, 14 août 2022, Année C,
Luc 12, 49-53

Connaissez-vous sainte Elisabeth de Hongrie, une petite sainte bien sympathique qui est morte à 24 ans, il y a bien longtemps, c’était au temps de saint François d’Assise?

Homélie, Lausanne, 1965
Mise en ligne: 11.08.22
Temps de lecture: 2 mn

D’une homélie de Maurice Zundel à des enfants, donnée à la paroisse du Sacré-Coeur. Choisie pour donner écho à un mot de l’Evangile de ce jour: « ils se diviseront: la belle-mère contre la belle-fille ».

Et cette fille de reine, Elisabeth, qui était gracieuse, charmante, qui avait épousé un prince allemand, était pleine de cœur: elle était d’une immense générosité.

Elle aimait les autres pour de bon.

Elle ne pouvait pas voir souffrir les gens.

Une année, de bon matin, son tablier de soie rempli de provisions, elle visitait les pauvres pour leur épargner la souffrance de la faim.

Et, un jour, elle fut surprise par son mari, qui l’aimait bien d’ailleurs, mais qui ne savait pas où elle allait et ce qu’elle faisait et, voyant son tablier rempli, il dit:

«Qu’est‑ce que vous portez là, Madame?»

Elle ouvrit son tablier et il était plein de roses.

C’est l’histoire que l’on raconte pour montrer justement que l’amour, dans le cœur de cette princesse, c’était vraiment toute la joie, toute la beauté, toute la grâce de la bonté de Dieu.

Et cette sainte Elisabeth, qui était une fille de reine et une princesse, quand son mari mourut – elle était très jeune, puisqu’elle‑même mourut à 24 ans – sa belle-mère, qui la détestait, la fit jeter à la rue.

Elle devint tout à fait pauvre.

Elle qui avait été princesse et reine, elle n’avait plus rien, elle était une mendiante et tout le monde l’insultait et la méprisait.

Mais ça ne lui faisait rien, parce qu’elle avait dans le cœur une telle lumière, un tel amour que, partout où elle allait, elle portait la joie et la beauté de Dieu.

Elle ne trichait pas, elle.

Elle aimait les autres pour de bon.

Elle aimait Dieu de tout son cœur.

Elle portait en elle sa lumière et, partout où elle passait, elle apportait la joie de son visage.

Pourquoi êtes‑vous ici?

Pourquoi sommes‑nous ici?

Justement pour apprendre à ne pas tricher.

Qu’est‑ce que Dieu sait?

Qui est Dieu?

Où est‑il?

Mais Dieu est en nous, comme la lumière et la vérité.

Jésus est à genoux devant nous, comme il était à genoux devant ses apôtres, justement pour nous conduire à la Vérité, pour que nous ne trichions pas, pour que, dans notre cœur, il y ait toute cette lumière, tout cet amour, toute cette beauté, pour que nous soyons, comme le dit Jésus lui‑même, la lumière du monde.

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