Jésus, doux et humble de cœur
14e Semaine du Temps Ordinaire | Année A | Mt 11, 25-30
Ces notes de Zundel datent de 1914. Il avait donc 17 ans. Elles disent, avec une juvénile ardeur, sa foi en Christ, doux et humble de cœur.
Comment connaître le Christ? L’Évangile vous révèlera au mieux Jésus‑Christ. Ouvrons-le donc, considérons son héros sous un jour purement humain et dites‑moi si un enseignement présente un tel tissu de lumière et d’amour?
Notes, 1914
Mise en ligne: 02.07.20
Temps de lecture: 2 mn

Socrate, le plus noble philosophe du paganisme avait dit déjà cette parole incompréhensible: il ne faut pas faire d’injustices, même à ceux qui nous en font.
Mais Jésus, s’élevant mille fois plus haut que le philosophe antique, s’écrie: « Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, dent pour dent, et moi je vous dis de ne point résister au mal, mais si quelqu’un vous a frappé sur la joue droite, présentez‑lui encore l’autre, si quelqu’un veut plaider contre vous pour vous prendre votre robe, abandonnez‑lui encore votre manteau.
Son cœur vibrait à toutes les souffrances humaines
Vous avez appris qu’il a été dit: vous aimerez votre prochain et vous haïrez votre ennemi, mais moi je vous dis: aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient. Aimez‑vous les uns les autres. Pardonnez jusqu’à septante fois sept fois ».
Plusieurs fois, sans doute, vous avez entendu ces paroles, mais en avez‑vous saisi la profondeur insondable?
Avez-vous compris combien elles témoignaient de la supériorité de ce génie dont les enseignements contredisaient à un tel degré les penchants mauvais de notre pauvre nature…
Bienheureux les cœurs purs, bienheureux les pauvres, bienheureux les persécutés… Est‑ce là l’enseignement que l’on donne à la jeunesse? Est-ce là celui qu’on accorde aux pauvres et aux persécutés?
La doctrine de Jésus fut la plus belle, la plus noble et la plus géniale de toutes les doctrines: mais sa vie, plus encore que son enseignement, abonde en contrastes merveilleux.
Il s’affirmait roi et il naquit pauvre. Il voulait perpétuer sa doctrine et, à cet effet, quels disciples choisit‑il? Des savants comme lui, des philosophes au courant de tous les systèmes, des orateurs pleins d’éloquence? Non, des pécheurs ignorants et timides.
Il était le Maître et il lavait les pieds de ses apôtres. Quand on lui amène la femme adultère, il ne peut que lui dire: « Puisqu’ils ne vous ont pas condamnée, je ne vous condamnerai pas non plus allez en paix et ne péchez plus ».
Et quand Marie‑Madeleine arrose ses pieds de larmes, il lui pardonne, parce qu’elle l’a beaucoup aimé.
Et quand il a enduré toutes les souffrances du Calvaire et quand il a essuyé les outrages les plus ignobles, il n’a que des mots de pardon et d’amour: « Mon Père, pardonnez‑leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Je n’ai pas besoin de vous nommer son amour pour les pécheurs. C’est pour eux qu’il venait: « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, je suis le Bon Pasteur et le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis ».
Mais le mal du péché n’était pas seul à exciter sa pitié. Son cœur vibrait à toutes les souffrances humaines et il parcourait la Palestine, guérissant, exhortant, consolant, appelant à lui toutes les infortunes: « Venez à moi vous tous qui êtes travaillés et chargés et je vous soulagerai, prenez mon joug sur vous et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, car mon joug est doux et mon fardeau est léger ».
Et lorsqu’il rencontrait une âme blessée et travaillée, il lui disait ces mots bénis: « Je vous donne ma paix, mais non pas comme le monde la donne ; demeurez dans mon amour ». Et quand il rencontrait un jeune homme en proie à la tentation, il murmurait cette parole mystérieuse: « Bienheureux les cœurs purs ».


