Le regard ne s’illumine que lorsqu’on cesse de coller à soi
Le regard ne s’illumine que lorsqu’on cesse de coller à soi*.
L’humble Présence, p. 60
* Ce texte fait écho à l’Evangile du 13e dimanche du TO (année A):
« qui a perdu sa vie à cause de moi, la gardera » Mt 10, 37-42
Si l’on ne regarde que soi, ou tout en fonction de soi, on se noie dans son regard. C’est le narcissisme. Pour Zundel, le regard va vers l’autre en tant qu’autre. Et à travers tous les autres, il va vers l’Autre. L’expérience de saint Augustin le montre bien. Il se ruait vers les beautés de ce monde, pour y trouver son prestige et son identité. Et il n’y trouvait pas sa lumière. Un jour, son regard changea et il découvrit, au cœur même de son être, la Beauté si antique et si nouvelle. En d’autres mots, il rencontra la Lumière. Pour gagner sa vie, il n’y a pas d’autre chemin que l’ouverture de l’être. Étonnamment, c’est dans cette ouverture même que l’on se trouve restitué à soi-même encore plus que soi-même.
Marc Donzé, 25.06.2020


