La dernière place
22ème dimanche du TO, Année C, Luc 14, 7-14
Homélie, Bex (Suisse), 1951
Mise en ligne: 26.08.22
Temps de lecture: 2 mn
Notes d’auditeur.

Nous sommes pleins de rivalité les uns pour les autres. Nous bousculons ceux qui sont devant nous pour prendre la première place.
Notre Seigneur fit le Lavement des pieds avant la Cène, Il voulait être le dernier.
Les Apôtres eux-mêmes, le soir de la Cène même, se bousculaient pour savoir qui aurait la première place. C’est pourquoi notre Seigneur fit le Lavement des pieds avant la Cène. Il voulait être le dernier. Et au Lavement des pieds, il était agenouillé, même devant Judas.
Pourquoi, disait Frère Masseo à saint François, pourquoi tout le monde court après toi? Tu n’es que le fils d’un drapier. – «Parce que je suis le plus vil de tous et Dieu a posé son regard sur moi, afin que chacun sache que c’est lui et non moi, misérable qui suis».
C’est la seconde naissance. Tant que nous n’aimons pas Dieu et n’avons avec lui un dialogue d’amour, nous ne pouvons aimer occuper la dernière place.
A Paris, une pauvre femme était à l’hôpital. C’était une grande chrétienne. Elle était au lit, entourée de toutes sortes de commères et avait reçu la Communion dans la salle commune. Une des mégères qui l’entouraient ne trouva rien de mieux, pour la tourner en dérision, de verser un broc d’eau sur la malade qui se recueillait. «Je te pardonne, car tu ne sais pas»… Cette chrétienne avait en elle une joie si parfaite qu’elle disparaissait à ses propres yeux.
Nous ne pouvons nous réjouir du bien des autres et de leurs succès que si nous sommes face à face avec le Christ, dans le royaume intérieur de Dieu. Et nous pourrons aimer tous ceux qui ne savent pas.
Les Saints ne font pas des simagrées en aimant la dernière place, car ils sont enracinés dans la Présence divine. Ils sont dans la Paix de Dieu. Rien en eux ne pourra être ébranlé, car ils sont fondés dans l’Amour. Il n’y a pas d’autre moyen d’arriver à cette Paix merveilleuse. La Communion ne peut être que l’amorce de l’amour, du dialogue avec Dieu. Le véritable chrétien est celui qui est habité par une Présence réelle. Il laisse toute la place à Dieu et il n’y a pas de rivalité avec les autres.
Demandons à Dieu de savoir écouter l’harmonie divine, d’écouter le dialogue intérieur, afin que notre vie devienne, elle aussi, une harmonie de louange dans la paix du cœur, dans la paix de l’amour.


