Devenir le bon pasteur de l’Agneau de Dieu
4ème dimanche de Pâques, Année C, Jn 10, 27-30
Vous vous rappelez ce mot adorable de la petite fille qui se jette au cou de sa maman, parce qu’elle est au comble du bonheur, et qui lui dit: «Maman, maman, tu es née de mon cœur!»
Homélie, Lausanne, 1955
Mise en ligne: 04.05.22
Temps de lecture: 2 mn
D’une homélie adressée à des enfants, à Lausanne, lors du dimanche du Bon Pasteur (qui est précisément situé au quatrième dimanche de Pâques) en 1955, éditée dans Ta Parole comme une source, p. 337. L’abbé aimait prêcher aux enfants, et de façon très concrète.

C’est exactement cela.
La petite fille avait compris, elle avait deviné, elle savait que son cœur était un berceau, elle pouvait le dire à sa mère dans ce mot magnifique: Maman, tu es née de mon cœur!
Et Dieu, qu’est-ce qu’il fait là-dedans?
Est-ce que Dieu, lui aussi, veut naître de notre cœur?…
Bien sûr! Bien sûr que Dieu, lui aussi, veut naître de notre cœur!
La puissance de Dieu, c’est son sourire
Si vos parents ne sont pas nés de votre cœur, cela veut dire que vous ne les aimez pas.
Et si Dieu ne naît pas de votre cœur, cela veut dire que vous ne l’aimez pas.
Aujourd’hui, nous disons que c’est le dimanche du Bon Pasteur.
Nous disons que Jésus est le bon berger qui garde ses brebis et qui donne sa vie pour elles et c’est une chose magnifique.
Mais est-ce que vous n’êtes pas, vous aussi, les bergers du Bon Dieu?
Est-ce que Jésus n’est pas représenté lui-même comme un agneau, comme une brebis qui cherche son berger, qui cherche son pasteur?
Et c’est cela justement qu’il faut retenir aujourd’hui de cette fête du Bon Pasteur: c’est que, non seulement Jésus est le Bon Pasteur qui garde ses brebis, mais c’est que chacun de vous est le berger, le berger de cet agneau, de cet agneau qui donne la vie au monde, de cet agneau qui est Jésus.
Le Bon Pasteur veut naître de votre cœur, il veut avoir son berceau dans votre cœur.
Cela veut dire que vous êtes nécessaires à Dieu.
Vous pouvez penser parfois: Oh! le Bon Dieu n’a pas besoin de moi.
Le Bon Dieu, que j’y pense ou non, il se tire d’affaire tout seul!
Ce n’est pas vrai! Le Bon Dieu ne peut pas se passer de vous.
Qu’est-ce que peut faire une maman dans sa maison, quand ses enfants la détestent, quand ses enfants refusent de l’aimer, quand ses enfants l’abandonnent, quand ils la laissent seule toute la journée, qu’est-ce qu’elle peut faire?
Est-ce que c’est une maison?
Est-ce que c’est un foyer?
Mais c’est un enfer!
Et qu’est-ce que peut faire le Bon Dieu qui est tout Amour, qui est infiniment plus maman que toutes les mamans, qu’est-ce qu’il peut faire? Sur la terre?
Si nous ne l’aimons pas, si vous ne l’aimez pas, qu’est-ce qu’il peut faire?
Il ne peut rien faire!
Il ne peut rien faire, parce que tout ce que Dieu peut faire, c’est uniquement de faire rayonner sur nous son Amour.
Vous savez bien que vous, vous qui savez jouer, vous qui savez organiser un match de football, une partie de tennis, vous qui aimez jouer, vous qui suivez avec passion les compétitions sportives, vous savez très bien qu’il y a quelque chose au monde qui est plus important que tout, c’est l’amour qu’on a pour vous.
Et vous savez parfaitement bien le prix d’un sourire, d’un sourire qui s’adresse à vous…
et vous savez bien que ce sourire vous est nécessaire, que vous ne pouvez pas vivre sans amour.
Eh bien! Toute la puissance de Dieu est là. La puissance de Dieu, c’est son sourire, c’est son Amour, c’est son cœur.
Et, si nous n’acceptons pas ce sourire, si ce cœur ne bat pas dans le nôtre, si nous ne répondons pas à cet Amour, Dieu ne peut rien faire!
Si vous pouviez comprendre cela, si nous voulions comprendre, toute notre vie changerait!
Parce que, justement, nous comprendrions que le Bon Dieu nous attend et qu’il a besoin de nous, que, du matin au soir, nous pouvons être son berceau, que, du matin au soir, il peut naître de notre cœur, que, du matin au soir, nous pouvons porter aux autres sa lumière et sa joie.


