La Résurrection, une confidence
2ème dimanche de Pâques, Année C,
Jn 20, 19-31
Quand tout aura été accompli, quand la pierre du tombeau aura été descellée, quand Jésus sera ressuscité des morts, quand Thomas voudra vérifier cette Résurrection en mettant ses doigts dans les plaies du Seigneur, Jésus le laissera faire, il l’invitera même à le faire, pour conclure dans ce mot, plein d’humour: «Bienheureux ceux qui ont cru et qui n’ont pas vu» (Jn 20, 29).
Conférence, Le Caire (Egypte), 1961
Mise en ligne: 19.4.22
Temps de lecture: 2 mn

Tu as voulu vérifier? cela ne servait à rien.
Justement, la Résurrection est un mystère de foi, comme la mort elle-même.
La mort de Jésus est une mort intérieure, une mort d’identification, une mort qui doit tarir en nous les sources de la mort.
Il importe, quand nous lisons l’Evangile, d’écouter les battements du cœur du Christ.
Jésus est mort d’une mort qui était notre mort, d’une mort unique.
Sa Résurrection, elle aussi, est unique.
Ce n’est pas avec les mains qu’on a pu la vérifier, c’est en vivant sa vie, c’est en s’identifiant avec lui, c’est en reconnaissant en lui le Prince de vie, c’est dans la lumière de la flamme d’amour qui est la foi que toutes ces choses doivent être découvertes et reconnues.
La Résurrection est le signe de Jonas, ce n’est pas un signe qui est lisible pour ceux qui ne sont pas dans le secret de la confidence.
C’est aussi bien pourquoi Jésus ne se présente pas aux autorités.
Il ne confond ni Caïphe, ni Pilate qui se seraient mépris sur sa Résurrection, comme ils se sont mépris sur sa personne.
La Résurrection demeure un secret de la communauté et qui doit être lu justement dans la lumière de la foi et de l’amour.
Il importe donc, quand nous lisons l’Evangile, de nous ouvrir à toute cette nouveauté, d’écouter les battements du cœur du Christ, d’entrer dans sa solitude et, à travers et au-delà de la patine liturgique, de bien saisir cette immense révolution qui se prépare silencieusement, qui explose à certains moments à travers un humour, qui tamise la radicale nouveauté du Nouveau Testament, devant laquelle les disciples reculeront et devant laquelle tant de chrétiens reculent encore, puisqu’il s’agit d’admettre finalement que la grandeur de Dieu est dans sa générosité, que la grandeur de Dieu est son amour, puisqu’il est tout amour et que le sceau du Nouveau Testament et la clef de la Nouvelle Alliance n’est pas autre chose que la divine Pauvreté.


