Le besoin d’un bon berger

16e dimanche du TO, Année B,
Mc 6, 30-34

Cette homélie avec des enfants, donnée lors du dimanche du Bon Pasteur (parue dans Ta Parole comme une source, p. 337-340), fait écho à la parole de ce jour sur les foules qui sont comme des brebis sans berger. Le Christ alors est leur berger, mais aussi il envoie ses disciples auprès de ces foules… et donc aussi les enfants.

Homélie, Lausanne (Suisse) 1955
Mise en ligne: 16.07.21
Temps de lecture: 2 mn

Des enfants comme vous, c’est quelque chose de merveilleux, parce que, justement, vous avez chacun en vous cette puissance extraordinaire, unique, qui est la puissance d’aimer.

Il y a un saint qui a dit ce mot magnifique:

«Il faut aller communier, écoutez bien ce mot, il faut aller communier à cause du grand désir que Jésus-Christ a de nous recevoir et de nous avoir pour membres, dans lesquels il soit vivant pour son Père».

Il ne dit pas qu’il faut que nous allions communier, parce que nous avons besoin de Dieu. Il dit: «Il faut aller communier, parce que Dieu nous attend et qu’il a besoin de nous».

Et un martyr, qui avait compris le cœur de Dieu, disait justement qu’aimer Dieu, c’est l’aimer comme un enfant dont on est le berceau. Aimer Dieu, c’est le protéger contre nous-même!

Pendant que nous regardons ce visage du Bon Pasteur, il ne faut pas oublier que, nous aussi, nous sommes le berger de l’Agneau de Dieu et, quand vous chantez l’admirable cantique:  «Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer» (Ps 22, 1), n’oubliez pas que vous êtes aussi, à votre manière, le berger du Seigneur, que Jésus se tourne vers vous, qu’il vous dit le mot qu’il disait à la Samaritaine: «Donne-moi à boire!» (Jn 4, 7) car, justement, il ne peut pas vivre en vous sans vous.

Et, comme il n’est pas autre chose que l’Amour, il ne peut pas vivre en vous sans la réponse de votre amour.

Une mère peut souffrir cruellement, évidemment, de n’être pas aimée de ses enfants. Mais enfin, elle est là, elle est à la maison, et elle y reste même si ses enfants s’en vont.

Le Bon Dieu, lui, il n’a pas d’autre maison que notre cœur.

Il ne peut pas se fixer en nous autrement que par notre amour et c’est pourquoi il a tellement besoin de vous.

Vous vous rappelez ce mot d’un poète anglais (Coventry Patmore) qui disait: «Qu’est-ce que Dieu? Dieu est celui qui tient l’homme dans sa main. Et qu’est-ce que l’homme? C’est celui qui tient Dieu dans sa main!»

Voulez-vous garder ce mot en regardant le visage du Bon Pasteur, ce mot admirable, et vous dire:

«Moi, moi qui vais à l’école, moi qui suis un enfant, moi qui ai encore à travailler pour faire mon avenir, je puis déjà aujourd’hui, maintenant, à chaque heure, à chaque seconde… je peux devenir le berceau de Dieu, parce que Dieu a besoin de moi, parce que Dieu m’attend, parce qu’il est mon Berger; je suis, moi aussi, le berger de l’Agneau de Dieu, parce que Dieu me tient dans sa main, et moi aussi je le tiens dans ma main.»

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