L’envoi en mission
15e dimanche du Temps Ordinaire, Année B,
Mc 6, 7-13
Cette homélie parle de la mission de l’Église, et donc des baptisés. Elle fait écho à l’envoi en mission des disciples que nous lisons dans l’Évangile de ce jour. | Nous ne sommes d’Église que pour donner Jésus, que pour représenter et révéler Jésus. Autrement, enlevons notre costume, ne faisons pas semblant d’être ce que nous ne sommes pas.
Homélie, Le Caire (Egypte) 1965
Mise en ligne: 06.07.21
Temps de lecture: 2 mn

Le costume que nous portons, c’est la profession de notre mission, de l’envoi que nous tenons de Jésus-Christ lui-même, de cet envoi qui fait de nous visiblement, aux yeux du monde entier, les ambassadeurs, les messagers, c’est-à-dire, dans le mot le plus profond, les sacrements de Jésus-Christ.
Quelle immense invitation à la pauvreté, quel immense appel à la dépossession de nous-mêmes que cette responsabilité infinie!
Il ne s’agit pas de nous, il ne s’agit pas de moi, de mes opinions, de mes préférences, de mes passions, même intellectuelles; il s’agit uniquement que je cède la place à Jésus-Christ, et que les autres en moi ne rencontrent jamais mes limites, mais l’espace infini de sa lumière et de son amour.
C’est vrai. C’est là la stricte vérité, et nous pouvons nous mettre à la place de l’homme foudroyé devant les portes de Damas, et entendre la parole qui nous révèle ce que nous sommes, qui nous révèle le sens de notre mission, qui nous révèle le cœur de notre vocation, qui nous donne le sens authentique de notre présence ici et partout nous pouvons entendre cette parole qui dit tout et qui, justement, nous ramène au cœur de la pauvreté qui est l’éternelle nouveauté de l’Évangile, comme il est la flamme qui brûle au cœur de la Trinité: «Je suis Jésus que tu persécutes».
Tout est là: notre vocation est d’être Christ.
C’est pourquoi saint Augustin pouvait conclure: «Écoutez, entendez, comprenez mes frères, nous n’avons pas seulement été faits chrétiens, nous avons été faits Christ».
Tout est là: notre vocation est d’être Christ.
Et pour les hommes d’aujourd’hui, puisque l’Incarnation comporte nécessairement un élément visible et que notre Seigneur lui-même est invisible, quoique toujours réellement présent, c’est à nous d’être le visage visible de Jésus-Christ, et c’est tout ce qu’on nous demande.
Tout ce qu’on nous demande aux hommes et femmes d’Église, c’est d’apporter à leurs frères humains le visage visible de Jésus-Christ.


