Le sens profond du miracle

13ème dimanche du Temps Ordinaire, Année B,
Mc 5, 21-43

Zundel veut surtout souligner le sens profond du miracle. A noter aussi qu’en ce dimanche est lue une parole de saint Paul qui est au centre de la méditation de Zundel: «Jésus-Christ, de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté» (2 Corinthiens 8, 9)

Conférence sur l’humour dans l’Evangile, Le Caire, 1961
Mise en ligne: 23.06.21
Temps de lecture: 2 mn

Le style de Jésus comporte un certain humour. Comment oublier et ne pas retenir ce mot si savoureux dit à Marthe qui s’agite en réclamant l’aide de sa sœur: «Tu t’agites pour beaucoup de choses. Il en faut très peu: une seule» (Lc 10, 41).

Nous retrouvons l’humour pédagogique dans l’épisode de Lazare. Tout au début, ce mot qui retentit comme une première antienne: «Lazare se repose, je vais aller le réveiller.» (Jn 11, 11).

Voir dans le fait physique, avant tout, le signe d’une Présence

Il s’agit en réalité de la mort, mais c’est une mort guérissable. Et c’est pourquoi Jésus en parle comme d’un sommeil. (…)

Nous pouvons situer encore un exemple de cet humour, dont les Évangiles nous ont gardé la trace si vivante et si émouvante en rappelant, en particulier, un épisode bien connu.

Celui de la résurrection de la fille de Jaïre.

Le père de l’enfant est venu au-devant de Jésus, il a supplié le maître de guérir sa fille. Quand Jésus arrive à la maison de Jaïre, l’enfant est morte, les pleureuses sont installées, remplissant la maison de leurs cris.

Jésus écarte tout ce monde bruyant, il ne permet l’entrée de la chambre mortuaire qu’aux parents de l’enfant et à ses trois disciples préférés, Pierre, Jacques et Jean.

Il prend la petite fille par la main. Elle se lève dans l’allégresse de ses douze ans et, tandis que les témoins stupéfaits demeurent sans mouvement, Jésus les ramène à ces données de «common sense», il les ramène au terre-à-terre de la vie quotidienne en disant: «Donnez-lui à manger.»

Et ce mot, justement, ce mot banal, ce mot quotidien qui éteint l’éclat du miracle, nous donne immédiatement la mesure du surnaturel, dans l’esprit de Jésus.

Il ne s’agit pas de s’émerveiller devant des faits physiquement vérifiables, mais de voir dans le miracle un événement-avènement, de voir dans le fait physique, avant tout, le signe d’une Présence que l’on ne peut reconnaître qu’intérieurement lorsqu’on s’ouvre à elle, lorsqu’on l’accueille en soi, lorsqu’on devient ce Royaume qui est au-dedans de nous.

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