Résumé: Il n’y a pas un divorce irréductible entre nature et Esprit, entre temps et éternité, il n’y a pas opposition. Le Ciel est en nous. C’est une nouvelle lecture de l’univers. Pouvons-nous réaliser l’unité harmonieuse de nous-même, entre chair et esprit ? L’Assomption de Marie nous conduit au centre de cette réconciliation de la chair et de l’Esprit. Notre corps doit devenir un sacrement de la beauté et de la Présence divine.
La réconciliation entre la chair et l’Esprit
Si vous regardez un sculpteur qui travaille dans la glaise, vous vous demandez comment ce petit tas de boue humide et gluante peut devenir quelque chose. Sous les mains du sculpteur, ce petit tas de boue se change en chef-d’œuvre. Il y a là, soudain, une présence, Quelqu’un. Si c’est un grand artiste, cette Présence vous illumine.
Il n’y a pas un divorce irréductible entre nature et Esprit, entre temps et éternité. Il n’y a pas opposition. Le Ciel est en nous. Il faut que nous apprenions cette lecture nouvelle de l’Univers.
Il n’y a pas un divorce irréductible entre nature et Esprit, entre temps et éternité. Il n’y a pas opposition. Le Ciel est en nous. Il faut que nous apprenions cette lecture nouvelle de l’Univers. La matière peut devenir par la puissance de l’Esprit, lumière. Il faut savoir si la réconciliation peut se faire entre notre chair et notre esprit. Pouvons-nous réaliser l’unité harmonieuse de nous-même ? Notre corps ne s’oppose pas à notre âme. Une dimension nouvelle peut être ajoutée à notre corps qui, revêtu de notre âme, peut rayonner. C’est là le sens de la pureté. Devenir une présence, une personne. Le corps ne doit pas nous être étranger, un vertige qui nous pousse au marécage.
Le mystère de l’Assomption
Pour que Jésus naisse, il fallait que le corps de sa Mère fût haussé au niveau de son esprit… Ce corps, portail de la vie divine, source de la vie éternelle a été éternisé parce qu’il portait la vie éternelle.
Le mystère de l’Assomption nous conduit au centre de cette réconciliation de la chair et de l’Esprit, du monde visible et du monde invisible, du temps et de l’éternité. La virginité de Marie est devenue la source de la maternité. Pour que Jésus naisse, il fallait que le corps de sa Mère fût haussé au niveau de son esprit : c’est la puissance de sa contemplation et de son amour qui la fait rayonner, vibrer dans la chair, dans la dimension divine. Ce corps, portail de la vie divine, source de la vie éternelle a été éternisé parce qu’il portait la vie éternelle.
Nous nous désagrégeons dans la mort, notre chair précaire se dissout dans la matière d’où elle a été tirée, mais le corps de la Vierge n’a pas été dissous parce qu’illuminé, porté par la vie divine. En Marie, l’unité du corps et de l’esprit a été scellée en la présence même de la divinité qui lui trace le chemin de la lumière.
Le corps sacrement de beauté
Nous portons en nous un grand désir de beauté et de jeunesse : ne pas vieillir, ne pas mourir, construire cette harmonie du corps et de l’esprit afin de se laisser pétrir par l’Esprit Divin, réaliser l’unité humaine.
Un trappiste me disait un jour qu’il n’avait pas pris un bain depuis 25 ans. Il n’avait pas compris l’esprit chrétien. Tout notre corps doit rayonner, illuminer les autres et porter sa pureté à son degré suprême. Il faut que notre vie soit belle, que tout ce que nous fassions soit joli, comme le disait une pédagogue célèbre. Elle entraînait le consentement des enfants en disant, devant une faute : « Trouves-tu cela joli ? »
Il y a une pédagogie qu’il faut nous assimiler : le sens de la beauté, notre vocation de beauté ; notre corps doit devenir un sacrement de beauté.
Devenir la manifestation de l’éternelle Présence
L’Évangile n’est pas un appel à la discorde entre la chair et l’esprit. Le ciel est ici, en nous, afin que notre corps soit le sacrement de la Présence divine.
Élisabeth demandait à Dieu d’être séduisante afin que le meilleur chemin pour amener les hommes à Dieu soit d’être un rayonnement de beauté humaine revêtu du rayonnement de Dieu.
Nous voulons imprimer à notre âme de rayonner, de plonger dans la vie intérieure, qu’il se fasse en nous une recréation, que nous ne nous flétrissions pas, que nous restions jeunes, harmonieux.
L’Évangile n’est pas un appel à la discorde entre la chair et l’esprit. Le ciel est ici, en nous, afin que notre corps soit le sacrement de la Présence divine, le berceau du rayonnement divin, afin que nous devenions la manifestation de l’éternelle Présence.