Ascension: devenir témoin du Christ monté aux cieux (Mt 28)
Ascension | Année A
«Tu es Simon, fils de Jean: tu t’appelleras Pierre.» C’est ainsi que l’Evangile nous présente la première rencontre de Jésus avec saint Pierre. Ce changement de nom annonce la mission de l’Apôtre et dessine déjà la figure de l’Eglise, bâtie sur cette pierre vivante.
Billet, paru dans Témoin d’une espérance, p. 186-188.
Mise en ligne: 20.05.20
Temps de lecture: 2 mn

La première pensée du Seigneur, au commencement de sa carrière publique, vise donc cet organisme dont tout homme est appelé à être membre: l’Eglise.
Pour saisir la primauté de cette intention, il faut se rendre compte du caractère propre de la Révélation chrétienne. Le Christ n’apporte pas une doctrine, un enseignement, un système. Des mots par eux-mêmes, en effet, nous laissent aussi étrangers à la Vérité et à l’Amour qu’ils nous laissent extérieurs à nous-mêmes. Des tonnes de discours n’ont jamais rien changé à rien. Ce que l’Evangile nous apporte, c’est le jour de l’intimité divine.
Maintenant commence le vrai travail qui est de construire l’Église-Corps-du-Christ.
Mais la lumière d’une intimité, nous le savons, ne peut se faire jour que dans une autre intimité que l’amour identifie avec elle. Il était donc impossible que le jour de l’Intimité divine nous devant réellement et totalement présent autrement qu’en transparaissant dans un être humain, dont la personnalité s’enracinerait dans cette Intimité au point de se confondre avec elle et le rendrait apte, par là même, à nous la communiquer sans ombre ni limite.
Tel est le secret de l’lncarnation, qui fait de Jésus, tout ensemble, le Révélateur et la Révélation. Mais, s’il en est ainsi, il est clair que la Révélation chrétienne n’est pas séparable de la Personne de Jésus, puisqu’elle coïncide rigoureusement avec elle.
Il s’ensuit que cette Révélation ne restera au niveau d’elle-même à travers l’histoire que si Jésus en Personne demeure avec nous. Tout le mystère de l’Eglise est là: Jésus présent, en Personne, dans la communauté qui est le signe visible et le corps sacramentel de sa Présence réelle.
Mais il est de toute évidence que l’Eglise ne peut être le signe visible du Christ toujours présent comme est visible un caillou, mais comme le sourire d’un visage peut être le signe visible d’une intimité dont il nous communique le rayonnement. C’est le sens profond du divin jeu de mots: “Tu es Simon, fils de Jean; tu t’appelleras Pierre… et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise.”
Car justement, l’Eglise ne pourra être construite que de pierres vivantes, capables de laisser transparaître le jour de l’Intimité divine en qui tout devient Vie.
Depuis l’Ascension, le Christ invisible, quoique toujours présent, ne peut être visible qu’à travers l’Eglise, c’est-à-dire à travers nous. C’est à chacun de nous qu’il appartient d’être, pour les autres, son Visage.
Tout est là: nous avons construit l’église-maison avec les pierres de nos collines, avec le ciment et le fer. Nous en sommes heureux et humblement fiers.
Maintenant commence le vrai travail qui est de construire l’Église-Corps-du-Christ avec les pierres vivantes que nous avons à devenir.


