Commentaires journaliers
pour Présence FM.
Lire les commentaires sur l’évangile de Luc.
LUNDI : Evangile de Luc 10, 25-37
A l’évidence, l’intention du docteur de la Loi est de mettre Jésus dans l’embarras…
MARDI : Luc 68-42
Que penser de ce texte d’Evangile ?
MERCREDI : Luc 11, 1-4
« Un jour, quelque part, Jésus était en prière… »
JEUDI : Luc 11, 5-13
« Supposons que l’un de vous ait un ami… »
VENDREDI : Luc 11, 15-26
« Si c’est par Béelzéboul que moi Jésus, j’expulse les démons, vos disciples par qui les expulsent-ils ? »
SAMEDI : Luc 11, 27-28
« Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique »
LUNDI : Evangile de Luc 10, 25-37
A l’évidence, l’intention du docteur de la Loi est de mettre Jésus dans l’embarras… Pourquoi, lui le connaisseur de la Loi, demanderait-il à Jésus ce qu’il doit faire pour obtenir la vie éternelle ? Serait-il à ce point ignorant ? Et Jésus, loin de tomber dans la provocation, invite le docteur en question à faire part de ce qu’il sait : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? » Et lui, le docteur de la Loi, de répondre : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même... » La connaissance du docteur de la Loi est sans faille. Voilà qui est clair et franc… Aimer Dieu… Oui et avec tous les qualificatifs nécessaires à un amour authentique : le cœur tout entier, l’âme sans détour, la force et l’esprit… Et, là arrive l’ajout « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »… Ici la référence au livre du Lévitique – chapitre 19, 15-18 – est explicite… Je cite le passage ; c’est le Seigneur qui parle : « Tu n’iras pas diffamer les tiens et tu ne mettras pas en cause le sang de ton prochain. Je suis Yahvé. Tu n’auras pas dans ton cœur de haine pour ton frère. Tu dois réprimander ton compatriote et ainsi tu n’auras pas la charge d’un péché. Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Avez-vous remarqué ? Le prochain dont il est question ici fait partie des « tiens » ; il est ton « compatriote » ; il est concrètement « ton frère » ; il est un enfant de « ton peuple »…
C’est ainsi à l’époque que l’on concevait le prochain : il était de ton clan, de ta tribu, de ta famille… Les choses ont-elles vraiment changé aujourd’hui ? Il n’est que de regarder autour de nous pour faire le constat : tous, nous avons du chemin à faire…
Et Jésus poursuit son explication au docteur de la Loi : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et il tomba sur des bandits… qui le laissèrent à demi-mort »… Vous avez bien entendu, il s’agit d’un homme… Un homme indéfini quant à la race, au pays, au peuple. Indéfini. Un homme, roué de coups… On comprend dès lors que le prêtre dont la fonction est le service du temple, passe son chemin pour éviter toute impureté…Sait-on jamais ! Le lévite, serviteur du temple aussi, agit de même… Cet homme – je parle du demi-mort – serait-il aussi indéfini qu’on veut bien nous le laisser croire… Par contre, Lui, le secouriste si je puis dire, est bien défini : il est Samaritain… Jésus cherche-t-il le bâton pour se faire battre et ignore-t-il que « les Juifs n’ont aucun rapport avec les Samaritains », ces usurpateurs de biens, venus d’ailleurs… Ou que veut-il dire alors ?
A n’en pas douter ce que Saint Jean en dira : « Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu »… Et le Samaritain est de Dieu. Paul aussi affirmera : « Quiconque aime accomplit la Loi, car la plénitude de la Loi, c’est l’Amour. »
Oui mais pourquoi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! »… ? Tout simplement parce que l’Homme – je te parle toujours du demi-mort – cet homme, indéfini en apparence, a été créé à l’image de Dieu. Il porte en lui la ressemblance d’avec Dieu… Il est donc ton semblable… Plus, cet autre-là est « toi-même », c’est pourquoi tu te dois de « l’aimer comme toi-même »… Mieux, la considération que tu lui portes doit être semblable à celle que tu portes à Dieu. « Tout ce que tu fais au plus petit, c’est à moi que tu le fais, dit le Seigneur ». Aimer Dieu… Son prochain… Oui et avec tous les qualificatifs nécessaires à un amour authentique : le cœur tout entier, l’âme sans détour, la force et l’esprit. Bonne Journée et à demain !
MARDI : Luc 68-42
Que penser de ce texte d’Evangile ?
Sinon que, d’entrée de jeu, il va à l’essentiel : « La meilleure part » est à l’évidence de se mettre à l’écoute du Seigneur ; c’est le choix de Marie ?… Et le Seigneur l’approuve…
Sûrement faut-il voir dans l’agitation de Marthe dans l’Evangile ce souci de bien accueillir le Seigneur. La preuve, elle s’adresse à Jésus et lui dit : « Seigneur, cela ne ne te fais rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. » Nul doute que, dans son agitation, Marthe a pour premier souci : l’accueil du Seigneur…
Cela ne peut lui être enlevé ; en effet, alors que vient de mourir son frère Lazare, qui se précipite à la rencontre du Seigneur ? Qui lui démontre une extraordinaire confiance ? Marie… ou elle Marthe ? Marthe qui accourt… Et Marthe, pour nous démontrer combien le Seigneur importe dans sa vie et combien elle a confiance en lui s’écrie : « Seigneur si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! »… C’est clair : Marthe aime le Seigneur ! Que dire alors de Marie qui, dans le texte de ce jour, reçoit les félicitations de Jésus et qui, alors que Jésus vient voir son ami Lazare décédé, reste assise à la maison, sans se précipiter à sa rencontre ? Laquelle des deux à votre avis aime le mieux Jésus ? Marthe ou Marie ?
J’avoue ne pas savoir répondre… Les deux sœurs, en des circonstances différentes, ont cependant montré l’importance et la place que le Seigneur tient dans leur vie… Que ce soit dans les tâches quotidiennes ou dans les temps plus spécialement consacrés à l’intimité avec le Seigneur. Chacune lui a donné accueil et place.
Alors pourquoi Jésus y va-t-il de cette affirmation : « Marie a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » ?
Je ne conteste en rien le fait que la meilleure part est l’accueil du Seigneur, la rencontre avec Lui… Et ceci, quelles que soient le lieu de la rencontre : la prière seule ou la vie tout court… Car la vie n’est pas un espace négligeable : nous pouvons y vivre selon Dieu… Car la vie a les exigences du Seigneur, ne serait-ce que parce qu’il a dit et que je vous rappelais déjà hier : « tout ce que tu fais au plus petit, c’est à moi que tu le fais ! »… Car la vie est l’espace de la mise en œuvre des commandements du Seigneur : « Tu aimeras ton prochain ! ». Je dirai mieux : la vie est la mise en œuvre des Béatitudes, de ces béatitudes – vous savez – qui font l’humilité, la vérité, la compassion, la justice et le partage… Je sais, je sais… Vous vous dites : Où veut-il en venir ? L’abbé a perdu le fil de son texte !
De ce temps-là, du temps du Christ, les femmes étaient cantonnés à leur rôle de ménagère et à celui de mère.
Sur le plan religieux ou intellectuel, il leur était interdit de suivre un maître, de se cultiver, d’approfondir leur religion et lorsqu’elles s’en allaient au temple, elles disposaient d’un parvis à part… Alors, fort de ces conditions de vie, imposées aux femmes, je me permets cette interprétation : « Marie a choisi la meilleure part ! » Je pense que Jésus, en affirmant cela, veut attirer notre attention sur le fait que la femme a le droit de s’enrichir intellectuellement et spirituellement… Et que nul ne peut lui refuser ce droit car, au commencement, la volonté du Créateur a été de les voir « égaux »… Au commencement « Dieu créa l’Homme : Homme et Femme il Le créa »… L’Homme ne saurait se grandir en diminuant, négligeant une part de son humanité… Mais au contraire en la valorisant, il se valorise lui-même… » Il est des conditions de vie faites aux femmes ici et là, tant socialement qu’économiquement, qui n’honorent en rien l’Humanité… C’est, je crois, l’un des regards possibles sur le texte d’Evangile de ce jour. J’ajoute un argument de plus à cette affirmation : Jésus avait dans son entourage – autant dire parmi ses disciples – plusieurs femmes, ce qui, à l’époque, constituait une révolution… Bonne journée et à demain.
MERCREDI : Luc 11, 1-4
« Un jour, quelque part, Jésus était en prière… »
Petite remarque avant que d’aller plus loin. Avez-vous noté : « Un jour, quelque part, Jésus était en prière ». Un jour comme un autre, comme n’importe quel jour… Quelque part, un lieu comme un autre, comme n’importe quel lieu… Jésus était en prière… Chaque jour, chaque lieu était pour le Fils Unique Jésus, le lieu de la rencontre de Dieu, son Père. Voilà donc ce qu’il y a lieu de faire en nos jours, en nos univers quotidiens ! Chaque jour est un lieu pour Dieu et chaque lieu est un espace que Dieu habite.
Un disciple demande : « Apprends-nous à prier ! » Il répondit : « Quand vous priez, dites : « Père ! »… Prier ? Qu’est-ce à dire ? Sinon, avoir une attitude de fils, d’enfant… Cette attitude qui vous rend à l’enfance et à la dépendance… « Si vous ne redevenez comme de petits enfants… » Cette dépendance qui vous fait dire au Père : « J’ai besoin de toi ! »… Non pas de cette dépendance qui asservit, mais de celle de l’Amour qui enrichit et relève… qui fait dire à Jésus: « Le Père et moi, nous sommes un » (Jn 17, 21) : « Toi, tu es en moi, Père, et moi en toi ». Je sais de qui je tiens, je tiens de Toi : au baptême tu m’as fait fils, enfant ; tu m’as reconnu pour tien et, depuis, je me sais entouré de ton Amour, à tout instant. L’enfance et ses contours sont chemin de prière.
Cette démarche filiale qui, au fond de moi-même, me fait dire : « Vois-tu, Père, je viens à toi ! L’enfant que je suis aujourd’hui a besoin de toi : il est perdu et il revient. (exclamatif) Oui !……. il est de retour chez son Père parce qu’il sait que sa tendresse paternelle ne lui sera jamais refusé »… « Oui, je te sais au bord du chemin, guettant le retour du fils prodigue, de l’enfant que je suis ! Quel bonheur que tu sois Père ! »… Prier, c’est prendre acte d’être pour Dieu un enfant qu’il ne saurait faire autrement que d’aimer…
L’attitude filiale par excellence est celle de Jésus, en Jean (17) dans ce qui est communément appelé la « prière de Jésus ». Ainsi parle le Fils Unique : « Père, l’heure est venue, glorifie ton fils afin que le fils te glorifie. » Oui, Père, que ton nom soit sanctifié ! Je sais de qui je tiens : je tiens de Toi ! Donne-moi de te faire honneur dans le quotidien de ma vie, ne serait-ce déjà que par une attitude fraternelle à l’égard des autres… Mais là aussi, tu ne l’ignores point : j’ai besoin de Toi. Tenir ? Je ne puis tenir que par Toi, Père. »
Prier n’est jamais qu’une attitude de fils, d’enfant ; «Jésus ne dit-il pas : « Tout ce qui est à moi est à toi, Père ; et tout ce qui est à Toi est à moi »… Ainsi Dieu Père, moi aussi comme Jésus, je vis de Toi et par Toi. Donne-moi aussi de vivre pour Toi ! « Oui, que ton règne vienne ! »
« Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour ». Oui, c’est à toi, Père que revient de nous donner le pain de chaque jour… le pain, la vie… pour le jour d’aujourd’hui,… comme il en fut pour la manne et les cailles au désert, au temps de Moïse… où « celui qui en avait beaucoup recueilli n’en avait pas trop et celui qui en avait peu recueilli en avait assez » (Ex 16, 17)… Oui, Seigneur, apprends-nous l’aujourd’hui de nos vies : hier n’est plus. Demain n’est pas encore ! Père, apprends-nous le partage afin que celui qui a sache offrir et donner à celui qui n’a pas ou si peu, afin que chacun aie son comptant de pain, son comptant de Vie.
« Ne nous laisse pas succomber à la tentation » du superflu, de l’inutile… la tentation du trop,.. du pas assez,.. de l’égoïsme. Que nos yeux ne soient en rien mobilisés pour le futile…
Et par dessus tout, Dieu Père, « pardonne-nous nos offenses… comme nous pardonnons nous aussi »… et comme tu nous y invites 77 fois 7 fois…
Cette prière que je t’adresse aujourd’hui, Dieu Père, est celle de ton enfant : je suis ton enfant. Aussi écoute ton enfant! Aussi exauce aujourd’hui sa prière ».
Bonne journée et à demain.
JEUDI : Luc 11, 5-13
« Supposons que l’un de vous ait un ami… » Avez-vous un ou une amie ? La chose est d’importance… Votre ami peut-il être qualifié d’ami (e) véritable ? Oui (heureux) ! Parce que vous allez devoir lui demander trois pains et ce, à la mi-nuit,en plein sommeil… pour un autre de vos amis qui vous arrive sans prévenir…
Et vous qui savez que, par les temps d’insécurité qui courent, il est préférable de s’adonner à la prudence, vous avez fermé les portes… Vous êtes maintenant au calme, couchés… vous et vos enfants.
Luc poursuit aujourd’hui le message de Jésus autour de la prière. Si hier elle avait pour sujet le Seigneur, Dieu Père, il nous ramène, ce jour et dans ce texte, à notre vie quotidienne.
Il nous renvoie à l’amitié parce que c’est à l’ami qu’il est le plus facile de demander de l’aide… Les étrangers ne passent-ils pas leur chemin ? Ou faut-il attendre la venue d’un Bon Samaritain pour voir exaucer la demande de trois pains ?
Question : Toi qui écoute, es-tu un ami véritable pour l’ami qui te demande, – je dis bien « pour l’ami qui te demande » ? Imagine alors, si le quémandeur n’est pas l’ami…
As-tu remarqué aussi l’objet de la demande : trois pains… Trois pains : ce qui relève de l’alimentaire, de la nécessité… Jésus ne dit-il pas aux apôtres avant la multiplication des pains : « Donne-leur vous-mêmes à manger ! »… Et, dans le texte du Jugement dernier, Jésus ne conclut-il pas : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger ! »… « Comment pourrions-nous dire : « Père, donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » et ne point répondre à l’appel de l’ami, à la prière de tout homme, marqué du sceau de Dieu, de son image ?
Que dire encore sur ce passage ? Sinon que chacun de nous est le relai du projet de Dieu sur l’humanité, sur notre capacité à partager l’essentiel, le vital, le pain… Chacun de nous est invité à être mobilisateur autour de lui, à demander, à chercher, à frapper aux portes pour nos frères en souffrance! Chacun se doit de devenir « prière »… Oui, « prière d’offrir », « prière de donner », « prière d’aimer »… Et non point « défense d’entrer » : la porte est fermée, je suis couché, je dors…
Oui le Seigneur nous invite à la prière et à demander sans cesse… Lui est plus qu’un ami : il est, souvenez-vous, il est Père : « Quel père donnerait un serpent à un fils qui lui demande un poisson ? »… N’hésitons pas à lui demander : il est aussi l’ami véritable… En son Fils unique, il s’est dérangé : ce Fils s’est fait autre, s’est fait Homme.
Que demander surtout ? Certes, tout ce que la prière du Notre Père nous proposait dans la réflexion d’hier, pain y compris pour nous et pour les hommes, mais aussi et surtout l’Esprit Saint. A toute demande, « le Père du ciel donnera à profusion l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (texte du jour)… L’Esprit Saint est en effet celui à qui aucune porte ne résiste – souvenez-vous de la Pentecôte -… L’Esprit Saint est encore celui qui nous libère de toute peur, cette peur qui nous paralyse… L’Esprit Saint est enfin celui qui peut embraser notre cœur… Oui, demandons l’Esprit Saint…
Dieu notre Père n’ignore pas combien nous sommes fragiles et combien nous avons besoin de lui, voilà pourquoi il nous invite à la prière de demande. « Demandez et vous recevrez ! » Mais, dans une légitime réciprocité, n’hésitons pas à ajouter de temps à autre cette autre affirmation, affectueuse et gratuite : « Seigneur, toi qui sait tout, tu sais bien que je t’aime… »
Bonne journée et à demain !
VENDREDI : Luc 11, 15-26
« Si c’est par Béelzéboul que moi Jésus, j’expulse les démons, vos disciples par qui les expulsent-ils ? »
Béelzéboul ! Mais qui est Béelzéboul ? « C’est le prince des démons » affirment ceux qui critiquent Jésus… Imaginez un peu ce qui se passe d’après leur dire : le prince des démons est en guerrecontre ceux dont il est le roi… Il est en guerre contre lui-même. Si la chose irait bien dans le monde où nous sommes, reste que pour le royaume des démons, il y a danger. Jésus l’affirme : « Si Satan est lui aussi divisé, comment son royaume tiendra-t-il ? » Et Jésus conclut : « Tout royaume divisé devient un désert ! »…
La 1ère conclusion à tirer de ce passage pourrait être celle-ci ! La division est un mal car elle oppose et génère souvent l’uniformité. On sait ce qu’il en est des uniformes et des pas cadencés… Ou de ceux qui tendent à mettre les autres au pas de leurs volontés… Il ne manque pas ici est là de gens plus soucieux de division que d’unité, certes dans le monde, mais aussi dans les religions et également dans notre Eglise….Le Seigneur nous invite, lui, à être des acteurs d’unité… Et l’unité exige la diversité pour que chacun, aussi petit soit-il, apporte sa part à la vie de tous. L’unité n’exclue personne, ce qui n’est pas le cas de l’uniformité. Uniformité, vous entendez bien « une seule forme ». Rien de bien original. N’est-il pas dit : « L’ennui naquit un jour de l’uniformité »… Mais au-delà de cet ennui, souscrire à l’uniformité c’est interdire à l’esprit de se mouvoir, de libérer le meilleur, lui, l’esprit dont il est expressément dit la nécessité pour les deux commandements essentiels : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain de tout ton esprit… » L’unité exige l’Amour, elle exige aussi l’esprit.
« Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, dit Jésus, c’est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous. »La deuxième leçon que l’on pourrait tirer de cet évangile est celle-ci : « Cueille-t-on des raisins sur des épines ? Ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits tandis que l’arbre gâté produit de mauvais fruits… Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu » (Mt 7, 15-19) C’est ainsi qu’il en va des sarments improductifs : ils sont destinés au feu… C’est ainsi que le figuier stérile est coupé (Luc 13, 6-9). Et à l’inverse le grain tombé dans la bonne terre produit à 30, 60 ou 100 pour un grain… Jésus nous invite à porter du fruit, « c’est ce qui fait la gloire de Dieu » (Jn 15, 8). Il précise même une exigence pour que le fruit soit à la hauteur des espérances de Dieu : « Celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruits… » (Jn 15, 5) Et nous savons tous que « le fruit qui demeure » est l’Amour. Saint Jean ne dit-il pas dans sa première lettre : « Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jn 4) Né de Dieu : quel bonheur et quelle parenté : Dieu… Dieu merci !
A NE PAS DIRE : Autres éléments de réflexion pour aller plus loin
Jésus en chassant les démons a pour but de donner une vie en plénitude à ceux qui en sont prisonniers … Il est libérateur. Serait-ce un mal que de libérer du mal ? Serait-ce un mal si les disciples des accusateurs de Jésus libèrent eux aussi des démons ?
Le mal ne prend-t-il pas toute sa mesure quand il disqualifie le bien?
SAMEDI : Luc 11, 27-28
« Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique ».
Je ne croyais pas si bien dire hier en affirmant que l’art de mettre en pratique est la façon la meilleure de voir le fruit demeurer. St Jacques le dit et franchement : « Mettez la Parole en pratique. Ne soyez pas seulement des auditeurs qui s’abusent eux-mêmes! Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s’observe, part, et oublie comment il était. Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s’y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant. » (Jc 1, 22-26) Avez-vous remarqué que Jacques parle ici de la pratique comme un des aspects de la Loi de liberté ? « Etre libre, ajoute Maurice Zundel, cela veut dire être libre de moi, n’être plus enfermé dans mon narcissisme, n’être plus esclave de mes possessions, devenir un espace illimité où tout l’univers pourra être accueilli… La liberté est un non-sens si elle ne signifie pas libération, donc exigence totale, infinie et créatrice… » La pratique quand elle prend l’aspect relationnel à Dieu et aux autres – les deux étant indissociables – elle devient occasion de liberté et d’amour. Plus j’acquiers en liberté, plus j’augmente en capacité d’aimer. Mais il faut encore aller au-delà !
« Heureuse la mère qui t’a porté ! » clame une femme dans la foule à l’adresse de Jésus. Et Ailleurs dans le même esprit (Lc 8, 19-21- Mt 12, 46-49) Jésus proclame : « Qui est ma mère et qui sont mes frères? » 48 Et tendant sa main vers ses disciples, il dit: « Voici ma mère et mes frères. 49 Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. »… Et rappelons ce que St Jean nous dit et que je rappelle à souhait : « Quiconque aime est né de Dieu et connait Dieu ! » (1 jn 4)… Oui ! Né de Dieu. Certes nous sommes enfants de Dieu par le baptême… Mais quiconque aime est né de Dieu et connait Dieu, car Dieu est amour.
Baptisés un devoir nous incombe : mettre la Parole de Dieu en pratique. C’est ainsi que nous signifions notre parenté d’avec Dieu… Et quelle parenté que Dieu. Et lorsque nous donnons notre vie pour nos frères à la suite de Jésus, je vais exagérer peut-être mais en quelque sorte « le sang de Dieu coule en nos veines »… Ce don de nous-mêmes, ce sang est pris en compte par le Christ : « Ceci est mon sang versé pour vous »… Tout don de soi (Voir Ro 12, 1), une authentique pratique de la foi trouvent leur épanouissement en Christ, dans l’Eucharistie.
« Faites ceci en mémoire de moi ! »
BB 2012