09-10/10/2012 – Message du cardinal Martini au colloque de Paris du centenaire de la naissance de Maurice Zundel

 

1997 était le centenaire de la naissance de Maurice Zundel. Des colloques et manifestations se sont déroulés au Canada et en Belgique, France, Suisse.

Empêché de se rendre à Paris au colloque du 7 au 9 mars 1997, en raison de la célébration à Milan du 17eme centenaire de la mort de Saint Ambroise – qui avait contribué largement à la conversion de Saint Augustin qui était venu enseigner à Milan –, Le cardinal Martini a tenu à marquer sa présence au colloque par le très beau message que vous trouverez ci-dessous.

(Le cardinal Carlo Maria Martini est mort à Milan le 31 août dernier à l’âge de 85 ans.)

 

Message du cardinal Carlo Maria Martini

Archevêque de Milan

au colloque pour le centenaire de la naissance

de Maurice Zundel

 

Par ces quelques lignes, je désire me rendre présent au colloque qui se déroule à Paris du 7 au 9 mars 1997, en ce centenaire de la naissance de Maurice Zundel, qui a été heureusement défini comme « un mystique de notre temps ».

 

Né à Neuchâtel en 1897, oblat bénédictin, puis ordonné prêtre à Fribourg en 1919, mort à Lausanne le 10 août 1975, le père Zundel est une des figures les plus représentatives de la culture helvétique et française, un précurseur du deuxième concile du Vatican. C’est pourquoi j’exprime du fond du cœur mes félicitations et ma gratitude aux organisateurs du colloque et aux rapporteurs et orateurs internationaux, auteurs de communications, qui s’emploieront à mettre en lumière tant d’aspects de la personnalité de Maurice Zundel, pour la faire mieux connaître et donner des points de repère pour l’approfondir.

 

Je me bornerai pour ma part à souligner ce que je retiens comme le « secret » du père Maurice : l’intimité avec Dieu, la prière ininterrompue, l’amour passionné du Christ, ce qui se traduisait par une façon de vivre et de prêcher qui fascinait tous ceux qui le voyaient et l’écoutaient.

 

Il fréquentait assidûment les monastères de contemplatifs, consacrait beaucoup de ses énergies, apparemment inépuisables, à la direction spirituelle ; il jouissait de l’amitié et de l’affection de Mgr Jean-Baptiste Montini, qui le soutint dans ses moments difficiles et qui, devenu le pape Paul VI, l’appela à prêcher les exercices spirituels à la Curie romaine en 1972.

 

Théologien, poète, mystique, liturgiste, auteur de nombreux livres – parmi lesquels L’Évangile intérieur, car il insistait continuellement sur la valeur de l’intériorité –, Zundel fut en particulier un témoin lumineux de la charité chrétienne, qui écoute tous les hommes, les comprend tous, les aide tous, les aime tous, leur pardonne à tous, les fait tous grandir, et un témoin de la pauvreté d’esprit, qui, selon ses propres termes, « s’offre comme un vide que seul l’infini peut combler ». Il avait le don de contempler le visage de Jésus dans le visage de chaque personne qu’il rencontrait, de tout homme et de toute femme. Il vivait véritablement de la gloire de Dieu et pour la joie des autres, même s’il était un homme discret, réservé, profondément humble.

 

J’encourage donc les diverses initiatives qui se déploieront en France, en Suisse et au Canada, pour célébrer dignement l’anniversaire de la naissance du père Maurice Zundel et je souhaite au colloque un large succès, afin que les réponses qu’il apporte aux questions les plus brûlantes de notre temps contribuent à aider le cheminement de ceux qui suivent la voie ardue de Jésus, ou qui ont besoin de compagnons de route dans la recherche de cette Vérité qui libère et donne la paix, la sérénité, le sens de la vie.

 

En union de prière, j’invoque sur vous tous la bénédiction du Seigneur.

 

C. M. MARTINI