22-25/05/2012 – Le Dieu Intérieur

 

A Ghazir, le Père Zundel s’adressait aux Franciscaines de Lons le Saunier entre le 3 et le 10 août 1959.

 

Avec la voix de Maurice Zundel qui nous permet d’entrer plus profondément dans le texte.

Dans un hôpital de Paris, des femmes sont couchées les unes à côté des autres, une soixantaine de lits qui se touchent. L’immense majorité de ces femmes n’est pas chrétienne, c’est-à-dire est détachée de toute religion, vit plus ou moins dans la boue, échange entre elles des propos obscènes : c’est à qui dira les choses les plus énormes et les plus scandaleuses.

Et parmi ces femmes, il y a une chrétienne, une chrétienne admirable qui souffre le martyre dans cette promiscuité, qui garde son âme d’ailleurs profondément unie à Dieu et qui a demandé la communion. Elle a écrit ce petit billet qu’il faut écrire, dans les hôpitaux de l’État, ce petit billet qui permettra à l’aumônier de pénétrer dans la salle et de lui donner les sacrements.

                Elle a communié. Naturellement, toutes ses compagnes s’esclaffent, se moquent, quoiqu’elles n’osent pas devant l’aumônier échanger des propos injurieux. L’aumônier a à peine tourné le dos, la porte s’est refermée sur lui, que la voisine de lit de la femme qui vient de communier prend son pot à eau et l’inonde pour voir la tête qu’elle va faire. La femme qui a communié lui dit simplement ces mots :  » Je te pardonne parce que tu ne sais pas !  » Je te pardonne parce que tu ne sais pas !

Voilà un mot qui porte infiniment loin, puisque, il représente dans l’âme de cette femme pauvre, qui est de la même condition sociale que les autres, le sentiment que, elle est entrée, par la grâce de Dieu, elle est entrée dans un monde absolument inconnu de ses compagnes. Et c’est justement parce que, elle vit dans ce monde inconnu de ses compagnes, c’est parce que elle est entrée dans un univers qui leur échappe totalement qu’elle comprend qu’elles ne puissent pas comprendre. Elles sont là devant un monde absolument étranger, qui leur paraît absurde, irréel, chimérique, idiot. Le monde qu’elles connaissent, c’est le monde épais de la chair, de la sensualité, de la misère. Elles ne peuvent pas soupçonner qu’il y en a un autre.

La femme chrétienne, qui vient de communier, qui sait tout ce que représente pour elle la venue du Christ, elle se sent tellement comblée par ce privilège de la foi que, très aisément, elle leur pardonne et exprime, justement, ce pardon dans cette formule si humble, si généreuse :  » Je te pardonne parce que tu ne sais pas ! « 

Voilà justement ce qui nous permettra de comprendre pourquoi Dieu peut prendre des visages si différents suivant la qualité du regard. Il y a des êtres auxquels il échappe totalement comme Marx, pour qui il est une absurdité qui empêche l’homme de vivre sa vraie vie, qui l’empêche d’atteindre à sa liberté. Il échappe même à des théologiens, comme les Pharisiens qui ont condamné Jésus. Il se voile dans l’âme de certains religieux qui ne retiennent plus que certaines formules et qui ne voient pas, comme la femme qui vient de communier, Dieu comme un univers qui est intérieur à nous-même. Il est reconnu, comme par le héros du Nœud de vipères, il est reconnu après un très long détour parfois, par des âmes qui, enfin, se reposent dans son Amour.

Mais il y a des quantités de gens pour qui c’est une lettre morte, qui ne peuvent pas imaginer ce qu’il signifie, qui ont l’impression qu’on leur raconte des histoires, c’est une, c’est une espèce de croque-mitaine qu’on a inventé pour faire peur aux enfants :  » Je te pardonne parce que tu ne sais pas !… « 

Une petite fille qui avait trois ans et demi, qui se trouvait en très grande intimité avec sa mère, lui dit un jour “: Maman, Maman avec quoi est-ce que je t’aime ? Avec quoi est-ce que je t’aime ?  » – » Mais tu m’aimes avec ton cœur, voyons !  » – » Mais où est-ce qu’il est mon cœur ?  » –  » Mais il est là.  » – » Non, maman, c’est pas avec ça que je t’aime. Où est-ce qu’il est mon cœur avec lequel je t’aime ?  » Et la petite fille sentait très bien que, il y avait dans son cœur, ce cœur avec lequel elle aimait, tout un mystère, et que ce cœur avec lequel elle aimait sa maman, ce n’est pas le cœur qui bat, ce n’est pas du moins seulement celui-là, qu’il y a autre chose… Et la mère ne parvenait, parvenait pas à lui faire comprendre, parce que la mère elle-même ne comprenait pas. Et la petite fille sentait beaucoup mieux que sa maman qu’il y avait en elle tout un mystère que les mots ne pouvaient pas exprimer.

                L’immense majorité des hommes, à commencer par Marx, restent à la surface des choses. Ils raisonnent à la surface des choses. Au fond, ils n’ont jamais découvert l’homme, ils ne se sont jamais rencontrés eux-mêmes. Ils ne peuvent pas imaginer qu’il y a en eux un secret, un mystère, des profondeurs insondables et c’est faute, justement, d’être entrés dans ce mystère qu’ils sont, que Dieu leur demeure complètement étranger.         

Il y avait un chameau, un chameau qui est en train de manger sa nourriture, qui consistait en  » bersime « . Il était là tout occupé à manger, quand un petit enfant s’est amusé à lui enlever la part qui lui était destinée. Le chameau est entré dans une violente colère, il s’est jeté sur cet enfant, l’a piétiné et l’a tué. Les chameaux, comme vous le savez, ont de grandes colères et il ne faut pas les provoquer.

Eh bien ! L’immense majorité des hommes sont comme ce chameau. Pour le chameau, tout l’univers est dans son bersime, cette sorte d’herbe, d’herbe d’un vert intense qui pousse en Égypte. Pour eux, l’univers, c’est ça ! C’est leur bersime, c’est la part qui doit répondre à leurs besoins physiques. Si on leur enlève ce, si on leur enlève cette part, on leur vole tout leur univers et, naturellement, ils se défendent, comme le chameau, jusqu’à piétiner ceux qui leur disputent leur nourriture.

D’ailleurs l’immense majorité des gens sont rivés à ce qu’ils ont ! Ils ont leur corps, qu’ils ne connaissent pas d’ailleurs, pas plus qu’ils ne connaissent leur âme. Ils ont leur corps, ils ont les passions qui habitent ce corps, ils ont les habitudes dans lesquelles ce corps s’exprime : boire, manger, dormir, faire l’amour ; un certain nombre de choses qui leur appartiennent : des bijoux qu’ils peuvent exhiber, une maison, s’ils en ont une, un logement quelconque avec des images, des images de vedettes ou d’autres images qui correspondent à leurs goûts. Ils ont leurs préjugés : leurs préjugés de race, leurs préjugés de classe, leurs préjugés de religion, avec tout un petit monde, enfin, qui leur a été donné à leur naissance, auquel ils n’ont rien ajouté, auquel ils sont cramponnés comme le chameau à son bersime.

Si on touche à ça, ils sont perdus. Si on touche à ça, ils sortent leurs griffes, ils le défendront jusqu’à la mort, ils piétineront les autres, s’il le faut, pour garder leur petit espace, parce qu’ils n’ont que ça : c’est ça la réalité et ils ne veulent pas lâcher prise.

On le voit chez les enfants, chez les enfants qui sont jaloux de tout ce qu’ils possèdent : la grande sœur qui empêchera sa petite sœur de prendre des jouets, dont elle n’a pas besoin, dont elle n’avait pas justement envie, mais parce que sa petite sœur y touche, elle va se précipiter, monter toute une bagarre pour défendre son bien, son univers, sa part de bersime !

Et, tant que l’homme ne connaît pas autre chose, il ne peut pas agir autrement. Et, justement, ce qui oppose l’immense majorité des hommes à la religion, c’est que, ils croient qu’on va leur enlever leur part de bersime, on va leur toucher ce petit univers avec lequel ils s’identifient et qui est tout ce qu’ils connaissent de la réalité.

D’où vient ce Dieu dont on leur parle ? Ils soupçonnent qu’il y a derrière ce Dieu un mensonge, qu’on va les tromper, qu’on va profiter de leur ignorance ou de leur crédulité, qu’on va leur demander de l’argent pour l’Église, que les curés ou les pasteurs vont exploiter leur naïveté, que, de toute façon, on va leur voler quelque chose qui leur appartient et à quoi ils tiennent essentiellement parce que, justement, ils n’ont pas autre chose.

Ils ne peuvent pas soupçonner que, il y a en eux, précisément, tout un univers, tout un mystère, tout un monde prodigieux, merveilleux, inépuisable et que c’est justement de ce monde-là qu’il est question, d’un monde qui est en eux, d’un monde qu’ils ont à devenir et que c’est là que, on, on veut les conduire.

Justement, on veut les conduire à leur véritable personnalité, à leur véritable univers, à leur véritable réalité, à leur véritable personnalité, à leur véritable moi. Mais ils ne le connaissent pas, ils ne se connaissent pas eux-mêmes, il y a entre eux-mêmes et eux-mêmes une distance infinie. Mais c’est justement cette distance à soi-même, c’est parce qu’ils sont tellement loin d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas imaginer qu’il y ait en eux-mêmes une découverte à faire, une découverte à faire – et qui est admirable – qui les comblerait de joie, si justement, ils l’avaient déjà faite. Mais ils ne l’ont pas faite, ils ne la soupçonnent pas et c’est pourquoi ils sont en défiance à l’égard de quiconque vient leur parler de Dieu.

J’entends du vrai Dieu. Ils admettent parfois un dieu, mais un dieu qui fait partie de leur petit univers, un dieu qui ne les dérange pas, un dieu avec lequel mille combinaisons sont possibles. Il y a un, un certain nombre de pratiques, un certain nombre de superstitions, un certain nombre de gestes à faire qui font partie de ce même petit univers. Mais, hors de là, tout ce qui peut s’y ajouter pourrait être un danger, pourrait menacer précisément cette propriété, pourrait menacer ce petit monde qui est leur monde.

Pascal, le grand Pascal, a mis le doigt sur la difficulté, lorsqu’il a dit dans le Mystère de Jésus :  » Tu ne me chercherais pas, tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé.  » Toute la difficulté est là, cette espèce de cercle que l’on retrouve à tous les tournants de la vie : pour comprendre de quoi il s’agit, il faudrait déjà, il faudrait déjà avoir trouvé…

Les gens qui n’ont pas trouvé, ils ne peuvent pas s’imaginer qu’il y a quelque chose derrière ce mur qui entoure leur petit monde, ils ne peuvent pas imaginer qu’il y ait autre chose que ce qu’ils ont immédiatement sous les yeux et c’est pourquoi ils se défendent, parfois avec une violence inouïe, quand on vient leur parler d’autre chose, parce qu’ils, ils s’imaginent que c’est là une tromperie, un mensonge, un abus de confiance et qu’on va leur arracher l’unique réalité qu’ils possèdent.

Oscar Wilde, dans Le Portrait de Dorian Gray, de Dorian Gray, Oscar Wilde, il nous fait connaître une jeune fille qui s’appelle Sibyl Vane. Sibyl Vane qui est une actrice dans un théâtre de faubourg, une actrice, une actrice tout à fait inconnue dans un petit théâtre de faubourg et qui a été découverte un soir par Dorian Gray, précisément. Dorian est un jeune garçon très beau, qui vient de découvrir, justement, qu’il est très beau, provoqué par un vieux débauché, un vieux débauché qui a été frappé de la beauté de ce jeune homme, qui l’a rendu attentif à sa beauté et qui lui a fait comprendre que, avec cette beauté toutes les portes s’ouvriront devant lui.

Et voilà que Dorian Gray s’égare un soir dans ce théâtre de faubourg, il découvre cette jeune actrice qui joue à son gré divinement bien. Il en devient amoureux – du moins il le croit – et, tous les soirs, il est à la représentation. Et il a plein la bouche de cette jeune fille, il en parle à tous ses amis, il célèbre son talent, son génie, il veut absolument que tout, tout le monde vienne la voir jouer.

Ses amis se font tirer l’oreille, un soir, enfin, un soir après avoir longtemps résisté, ils se rendent au théâtre, et ce soir-là, Sibyl Vane joue comme un pied. Comme une pensionnaire, elle récite son rôle d’une manière complètement idiote. Le théâtre se vide après le premier acte. Les amis de Dorian se retirent discrètement et, à la fin de la représentation, Dorian, furieux, bondit sur le plateau, il foudroie Sibyl Vane de son regard méprisant, parce que, justement, elle vient de l’exposer au ridicule : il l’avait montée en épingle, il en avait fait, il en avait fait un bijou dont il se parait, il voulait que ses amis l’admirent, lui, d’avoir découvert ce génie et, tout d’un coup, c’est elle qui manque au rendez-vous, c’est elle qui le couvre de ridicule. Il ne peut pas le lui pardonner, parce qu’au fond, ce n’est pas elle qu’il aimait, c’est lui-même à travers elle. Il en avait tellement parlé qu’il s’imaginait, finalement, que c’est elle (lui ?) qui l’avait créée, c’est elle (lui ?) qui lui donnait du génie et il voulait que, à travers Sibyl Vane, on admire sa profonde intelligence qui avait discerné et découvert ce talent encore inconnu.

               Alors, Sibyl Vane pour se défendre, lui dit ce mot admirable qu’il ne comprendra pas. Il ((elle ?) lui dit ce mot admirable :  » Tant que je ne connaissais pas l’amour, je pouvais jouer le rôle de l’amour (puisqu’elle jouait le rôle de Juliette dans la pièce de Shakespeare Roméo, Roméo et Juliette ). Tant que je ne connaissais pas l’amour, je pouvais jouer l’amour. Maintenant que je le connais, je ne peux plus le jouer. « 

Eh bien, ce mot admirable nous fait sentir le passage. Tant qu’elle n’aimait pas, elle ne pouvait pas connaître ce monde de l’amour, elle ne pouvait pas imaginer que l’amour pouvait être dans un cœur quelque chose d’immense et d’infini et qui change toute la vie. Maintenant qu’elle le connaît, c’est une dimension absolument nouvelle et merveilleuse qui a surgi en elle : alors, elle ne peut plus s’amuser avec des fictions, elle ne peut plus jouer un rôle, elle ne peut plus que vivre de son amour.

Je me rappelle d’ailleurs une femme dont le fiancé était à la guerre. Il était officier dans la dernière guerre. Il était donc exposé continuellement dans la bataille à perdre la vie, à perdre la vie. Lorsque je rencontrai cette femme après la guerre, avant même de me dire bonjour, elle me dit :  » Il vit, il vit, il vit.  » Donc, pour elle, toute la guerre, ç’avait été :  » Il, il.  » Tous les événements se résumaient dans ce mot :  » Il, il vit « , parce que elle vivait dans son amour et que tous les événements, elle les appréciait en fonction de son amour.

Eh bien, c’est exactement la même chose – et bien plus profond encore – dans cette découverte de Dieu. La femme qui l’a rencontré (« Je te pardonne parce que tu ne sais pas « ) elle sait que, il y a tout un monde, tout un monde qu’elle connaît, que les autres ne connaissent pas et c’est ce qui fait toute la différence.

Quand la Femme adultère rencontre le regard baissé de notre Seigneur, c’est tout un univers qui se révèle à elle. Comment ? Il était là tout à l’heure. C’était une pauvre femme. Elle avait cherché dans ce qu’on appelle le péché… Qu’est-ce qu’elle avait cherché ? Peut-être d’échapper à l’enfer de son ménage… Une goutte d’amour, peut-être, pour rafraîchir ses lèvres… Et voilà, elle avait été surprise en flagrant délit et on avait instruit son procès, et on allait la lapider.

               Et ceux qui sont les plus empressés à la condamner, qui sont peut-être ceux d’ailleurs qui ont abusé d’elle, veulent se servir de cette malheureuse pour mettre Jésus au pied du mur : Qu’est-ce qu’il va dire lui, qu’est-ce qu’il va dire lui dont on dit qu’il est un prophète ? Qu’est-ce qu’il va dire lui qui ne parle pas comme les autres. Qu’est-ce qu’il va dire devant la Loi de Moïse, qui est formelle ? Est-ce qu’il va se mettre contre Moïse et contre la Loi ? Quelle bonne occasion de le jeter dans l’embarras ! Justement, ils ne connaissent pas l’univers, l’univers que Jésus-Christ vient révéler au monde…

               Le Christ, lui, sent immédiatement, il sent immédiatement qu’il ne s’agit pas du bien, qu’il ne s’agit pas de vertu. Il s’agit de quoi ? Il s’agit uniquement de lui tendre un piège, de lui tendre un piège, et il en a la nausée ! Il a la nausée de penser qu’on se sert de cette misérable, de cette pauvre femme, dont il devine la détresse, pour lui tendre un piège. Il a le dégoût de se voir, de ces hommes qui sont probablement mille fois plus sensuels que cette femme elle-même, il a le dégoût de les voir jouer avec leur conscience à eux, qui est souillée autant que celle de cette femme, et de jouer avec la conscience de cette femme, simplement pour le mettre, lui, dans l’embarras.

Et il comprend la honte de cette femme, il comprend sa détresse et, pour ne pas ajouter à sa honte, il baisse les yeux devant elle. Il baisse les yeux, il ne la regarde pas. Il rougit, il rougit de honte pour eux et pour elle. Il s’incline vers le sol. C’est lui qui est embarrassé, c’est lui qui éprouve de la honte pour leur lâcheté et pour sa misère. C’est lui. Et ils le pressent de questions :  » Maître, que dis-tu de ce cas ? Maître, es-tu d’accord avec la Loi de Moïse ? Maître… « 

Il, il leur répond simplement, en lisant dans leur conscience :  » Que le premier d’entre vous qui est innocent lui jette la première pierre !  » Alors, cette voix qui jaillit du fond de leur conscience, cette voix, ils n’y peuvent résister, et ils s’en vont, à commencer par les plus vieux.

Et maintenant, il peut se redresser, il peut regarder cette femme, parce qu’elle a changé. Elle est devenue tout à fait autre qu’elle n’était dans ce respect qu’elle rencontre pour la première fois, devant ces yeux baissés qui ont voulu épargner sa honte, devant cette voix qui a jailli du fond de l’éternelle Vérité.

Elle est autre. Elle n’est plus la femme adultère, elle est la femme virginisée, la femme qui a rencontré au-dedans d’elle-même ce monde merveilleux qu’elle allait cher.. qu’elle allait chercher au-dehors et, à travers cet Amour qui est venu à sa rencontre, elle est délivrée, elle est sauvée, elle est purifiée.

Et Jésus n’a plus, plus rien à lui dire que ceci :  » Où sont ceux qui se, où sont ceux qui te condamnaient ? Il n’y a plus personne ? – Non, il n’y a plus personne – Alors, va, va et ne pèche plus. Va, c’est fini. « 

               Le monde merveilleux est né en elle. Elle a compris, enfin. Elle a reconnu ce visage imprimé dans son cœur — et qui nous attend, qui nous attend tous et chacun au fond de notre cœur