Homélie en souvenir du père Paul Debains
Le 4 janvier dernier, le père Jean DEBAINS sj, frère aîné du père Paul DEBAINS décédé (fondateur de ce site), nous donnait l’homélie :
Chers amis,
Beaucoup d’entre vous, mieux que moi qui ai peu vécu avec Paul devenu adulte, pourraient témoigner du rayonnement qu’il a eu, d’abord comme missionnaire en Afrique, puis comme attaché à cette paroisse de saint Gatien. C’est après son décès qu’en triant ses papiers j’ai découvert l’éventail de ses relations et, cela en faisait partie, la place de Maurice Zundel dans sa vie. Sa « rencontre » avec lui, durable et approfondie; a été la grâce de sa vie.
Grâce aussi pour bien d’autres qu’il a initiés à la pensée et à la spiritualité de ce théologien, par la parution d’anthologies de ses écrits, par des conférences et des retraites, par la mise à jour quotidienne d’un site internet alimenté à partir de centaines de cassettes qu’avaient enregistrées de nombreux auditeurs, et par beaucoup de lettres et de conversations de Paul avec des gens très divers…
Simultanément j’ai découvert aussi l’ampleur des aides de toute sorte qui l’ont soutenu ici et encouragé spécialement ici et plus précieuses encore depuis sa maladie. Je vous remercie , beaucoup d’entre vous de l’avoir ainsi libéré de soucis et de tâches matérielles. J’en rends grâce à Dieu comme je le fais de cet apostolat que je viens d’évoquer avec aussi ses implications paroissiales…
Cependant l’anniversaire qui nous réunis et que nous célébrons ne doit pas nous figer sur le passé. Il nous invite à réfléchir sur notre présent et notre avenir. Nous sommes rassemblés pour prier et méditer. Il me semble que le passage dans l’au-delà de quelqu’un , surtout proche amène forcément à s’interroger sur le mystère de Dieu. Il le rend comme plus actuel et nous rappelle qu’il est celui de notre foi et de notre espérance. Foi dont nous avons tant à remercier Dieu (même si bien normalement elle s’accompagne de questionnements), foi qui nous établit dans l’espérance elle-même une certitude, Dieu étant fidèle à sa parole.
Les textes liturgiques de cette période de Noël sont riches de paroles d’espérance. Je suis assez sensible au contexte dans lequel se déroulent les évènements importants de notre vie. C’est une manière, je pense, de faire confiance à la Providence et à Dieu qui nous parle par des signes.
Vivre le grand évènement de la mort au temps de Noël peut nous faire réfléchir. Car Noël, dans le plan de Dieu, est la mise en route de son œuvre de salut et donc de vie nouvelle sans fin pour l’homme. La vie et la mort de Jésus est le commencement de la vie et de la mort de cet homme qui après avoir semblé vaincu resplendira finalement comme vainqueur… vainqueur pour lui, vainqueur aussi pour tous les hommes…. Remarquez que les textes liturgiques de ces jours célèbrent le déroulement de la vie mais d’abord à ses débuts. Je rapproche cela de ces simples mots qu’inscrivaient les premiers chrétiens sur leur tombe : « Dies natalis », jour de naissance. Noël donc mais qui s’ouvre sur cet autre Noël, si j’ose dire qui y est déjà symboliquement annoncé par la grotte étable, figure du: tombeau, par les langes, figure du linceul, puis par la fuite en Egypte : figure de l’exil de la patrie terrestre…
Autre Noël où « nous connaîtrons et serons comme Dieu » affirme Saint Jean. Entrons maintenant dans le mystère eucharistique de la messe qui nous rend présent au monde entier de la terre et du ciel. Un extrait d’un beau texte de M. Zundel, cité par Paul dans son anthologie : Un autre regard sur l’homme » (p. 349) vient à propos :
« Je ne célèbre jamais la messe, écrit-il, sans penser qu’il y a derrière nous tous ces siècles avec tous ces morts innombrables.. Et je pense que tous ces visages inconnus et anonymes sont là autour de l’autel et qu’ils attendent ce moment qui doit nous rassembler tous dans l’unité, dans l’actualité d’une Présence unique, celle de Notre Seigneur Jésus Christ. »
« (En l’église de Saint Gatien le 4 janvier 2012,
pour la messe anniversaire du jour de son décès :
1 Jn 3,7-10, Ps97, Jn 1,35-42)