Qu’est-ce
que le mystère ?
Le mystère chrétien se révèle au cœur, ce n’est que dans ce lieu qu’il prend forme et se dessine, qu’il prend sens raisonnable au-delà de l’imaginable… Le mystère n’est-il pas le lieu des vraies réalités ? Ne faut-il pas sans cesse tendre vers cet élément quintessence ?
Avec la Révélation nous sommes dans une lumière inexprimable,
et c’est cela le mystère,
car le mystère n’est pas l’incompréhensible
qui se dresse comme un mur contre notre intelligence.
Mais le mystère, c’est l’inexprimable et l’insondable
que l’on n’épuisera jamais,
qui fait craquer les mots et les idées,
qui comble l’esprit par son infinité,
et qui l’illumine merveilleusement,
bien que le regard de l’esprit ne puisse le fixer
à cause de l’éblouissement qui en résulte
dans notre condition présente.
(M. Zundel, manuscrit de la bibliothèque de Neuchatel)
Le mystère de Jésus,
en raison même du dépouillement qui le constitue,
n’est finalement accessible
qu’à celui qui entre en état de pauvreté,
qu’à celui qui s’assimile la béatitude de la pauvreté,
qui se fait une âme de pauvre,
qui est à l’écoute de Dieu,
qui disparaît à ses propres yeux et s’efface.
(M. Zundel, La Rochette, septembre 1963)