Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté (Mt 4, 1-11)
1er Dimanche de Carême | Année A
Le drame de la tentation: celui qui est tenté semble, quelle que soit l’issue de la tentation, manquer sa vie: s’il résiste à l’instinct qui le pousse, il semble refouler l’élan même de son être. S’il y succombe, il blesse sa conscience.
Catéchèse à des jeunes filles en 1932-33
publiées dans Rencontre du Christ, n. 111-113.
Mise en ligne: 26.02.20
Temps de lecture: 1 mn

Comment vaincre la tentation?
Retrouver la source de l’instinct, coïncider avec son mouvement authentique, et le faire servir à la perfection de l’être.
Exemple: contre l’ambition, recherche déviée de la grandeur, deux politiques:
– refouler la tentation: danger final d’éclatement, comme pour la chaudière sous une pression trop forte;
– diriger l’instinct: poursuivre la vraie grandeur jusqu’à la sainteté.
L’ambition est une erreur: elle tend à frustrer la soif de grandeur qui est un de nos vrais instincts. La reprendre plus profondément dans sa seconde et dans sa troisième dimension (coïncider avec le mouvement authentique de la source de l’instinct et le faire servir à la perfection de l’être), c’est-à-dire dans toute sa réalité, et la tourner vers le bien. Au lieu d’être une cause d’égarement, elle devient une force de vie.
Vaincre les tentations = mettre en ordre nos instincts.
On peut vivre chrétiennement dans le réel, sans ignorer aucune des forces qui sont en soi. Il suffit de respecter assez ses instincts pour les réaliser vraiment, c’est-à-dire dans la vérité (selon les exigences de la conscience) et non en apparence (selon les suggestions de la tentation).
Les plus tentés sont souvent les mieux doués.
Que tout ce feu devienne lumière, et ce sera magnifique.


