13/11/2005 – Jésus-Christ ne peut dire JE et MOI que dans Sa relation à l’Autre divin.

. Dieu ne peut être fixé dans l’expérience humaine que par une Humanité qui le vit comme Le vit Jésus-Christ dans Son Humanité.
L’Humanité
de Jésus-Christ demeurera la référence essentielle dès qu’on veut penser valablement à Dieu.

 » L’Humanité du Christ dans sa pauvreté absolue parce qu’elle est parfaitement évacuée de soi, parce qu’elle est totalement ouverte à Dieu ET à l’homme, parce qu’elle est diaphane et transparente infiniment, cette Humanité ne peut rien mêler de soi parce qu’elle est incapable de rien s’approprier. Et elle transmet la PRESENCE divine sans l’adultérer dans la plénitude de Sa Lumière et de Son Amour.

Et ceci est capital car, de même qu’il est impossible d’accrocher l’Amour à un portemanteau et de poser la Vérité sur la table, de même pour les biens de l’esprit ! Et le suprême bien de l’esprit qui est Dieu, Ce Dieu qui est Vérité, Amour, Beauté, et tout ce qu’on peut imaginer sous le nom d’Infini, ce suprême bien de l’esprit qui est Dieu ne peut être fixé dans l’expérience humaine que par et dans une Humanité qui Le vit.

Et si cette Humanité le vit en plénitude sans le limiter, si elle nous Le communique sans frontière avec une innocence incorruptible, si par ailleurs cette humanité demeure avec nous à travers toute l’Histoire, c’est évidemment elle qui demeurera la référence essentielle. Et c’est toujours auprès d’elle qu’il faudra éprouver nos expériences et c’est à travers elle qu’il faudra atteindre à cette pureté en faisant d’elle précisément le ferment de notre libération.

Donc le Christ nous sollicite non pas parce qu’il s’impose à nous, Il nous sollicite précisément parce qu’il ne comporte aucune frontière, parce qu’il est établi à un degré de pauvreté indépassable. On ne peut pas aller plus loin dans le dépouillement que de ne pouvoir dire ni JE ni MOI et de n’être saisi tout entier que par une relation à l’Autre.  »
Maurice Zundel à Lausanne en 1962.