09/10/09 – UN Dieu pur dedans ne peut exister qu’à l’intérieur de l’homme. (Personnel)

Un
Dieu pur dedans, à l’image et selon la ressemblance duquel l’homme est créé et racheté.

Quel est parmi nous, même s’il fréquente depuis longtemps la pensée mystique de M. Zundel, celui qui ne continue pas à se représenter Dieu finalement comme l’être suprême, créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui existe ? Créateur du monde il en est tout de même le souverain ! Il existe depuis toujours, bien avant, éternellement avant cette création du monde et de tout ce qui existe. Il connaît une existence, infiniment longue pour nous, indépendamment de sa création dont il est l’auteur sans que cela lui soit nécessaire, il est infiniment heureux sans cette création. De nous finalement il n’a cure tellement il nous transcende !

Il y a nécessairement quelque chose de cela, au point de départ, dans l’esprit de tout homme. Et la Bible nous parle d’abord de ce Dieu-là, et la foi chrétienne en a retenu et affirme que Dieu est le créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui existe, ce à partir de quoi on peut penser tout cela ! qui pourtant n’est vrai que selon une première approche de Dieu.

Car il nous est difficile ensuite d’imaginer, de penser à un Dieu pur dedans, mais alors tout ce qui vient d’être dit plus haut est remis en question, il se peut que ce ne soit pas vrai, du moins dans le sens premier où on l’entend le plus communément.

A reprendre ?

Le début de la 1ère conférence de la série donné par M. Zundel au Cénacle de Paris en 1971 et « sité » hier peut être vu comme absolument capital. Le fondement est donné d’un Dieu tout autre, sans nier ou rejeter pourtant le « premier » Dieu. Sans cette seconde prise de conscience de « qui est Dieu » toutes les revendications de la crise au milieu de laquelle Zundel s’exprime, et qui continuent dans notre monde et continueront longtemps, sont entièrement valables.

Ce dont il faut prendre clairement conscience, on l’a déjà dit et répété, il n’y a pas de dieu extérieur à l’homme. S’il y en avait un il nous serait de toutes façon parfaitement inconnaissable puisque justement extérieur à nous et donc inaccessible à notre entendement.

J’ai relu et relu toute cette 1ère conférence avant de la « siter », c’est pour moi comme si je la lisais pour la première fois, avec cette impression que je ne l’avais jusqu’à maintenant aucunement bien comprise.

Il est probable que l’immense majorité de nos contemporains n’a pas saisi l’importance de cette représentation de Dieu comme un pur dedans, comme un esprit, comme le dira Jésus lui-même à la samaritaine, elle suppose un dépassement décisif de toutes nos conceptions antérieures et premières.

En réalité, et ce nous est difficile à saisir, il n’y a pas en Dieu d’avant la création, pour la simple raison qu’en Dieu il n’y a aucun avant. Dieu crée en même temps qu’Il est, donc de toute éternité. Et il ne peut créer qu’en son dedans. Et la vie que Jésus veut nous conférer, c’est la vie même de Dieu qui n’a ni commencement ni fin, la vie éternelle.

Nous voici en cette vie éternelle transportés, si l’on peut dire, jusqu’au début de la vie de Dieu qui n’a pas de début ! Et l’on peut penser que, si Dieu nous crée et rachète en son intériorité trinitaire, cela entraîne que toute l’histoire de l’homme fait partie, non nécessaire bien sûr et pourtant nécessaire ! de l’engendrement du Fils par le Père et du jaillissement de l’Esprit de l’Un et de l’Autre.

Nous imaginons trop facilement cet engendrement et ce jaillissement comme achevés, en réalité en éternité ils sont éternellement en train de s’accomplir en même temps que parfaitement accomplis, et nous faisons partie, nous sommes même en un sens acteurs de ces deux éternelles opérations divines qui éternellement « construisent » la Trinité.

Nous sommes créés et rachetés pour vivre trinitairement, c’est-à-dire à l’image et selon la ressemblance de Dieu. Et il n’y a pas d’autre façon d’être ainsi créés et rachetés que de devenir opérateurs de ce qui construit éternellement le Dieu Trinité, plus précisément que de laisser en nous le Père engendrer le Fils et l’Esprit jaillir de l’Un et de l’Autre.

(sous toutes réserves)