1961 – Ce Dieu, à la place duquel nous ne cessons de dresser l’idole d’un faux dieu !

Nous
ne cessons de dresser l’idole d’un faux dieu !
Cela nous dispense de faire un immense itinéraire de nous-même à nous-même…
Maurice Zundel, le Caire, mars 1961.

Il n’y a pas d’autre Dieu pour nous que le Dieu chanté par Saint Jean dans le prologue de son évangile :

Ce Dieu qui est, qui était, qui sera, et qui est toujours déjà là,
Ce Dieu qui luit dans les ténèbres et qui nous attend,
Ce Dieu qui est dans le monde et que le monde ne reçoit pas,

Ce Dieu inconnu,
Ce Dieu méconnu,
Ce Dieu qui vient et qui frappe,
Ce Dieu que nous éconduisons,
Ce Dieu qui n’est pas reçu,
Ce Dieu constamment refoulé,
Ce Dieu à la place duquel nous ne cessons de dresser l’idole d’un faux dieu en accord avec nous-même, en accord avec notre moi animal,
Ce Dieu qui nous dispense de faire la découverte de cette exigence fondamentale, inexorable, de cette exigence créatrice qui veut faire de chacun de nous le commencement et l’origine d’un monde qui n’existe pas encore !

Ce monde peut venir à l’existence. Il ne cesse de poindre et grandir toutes les fois qu’une âme inconnue, silencieuse, cachée, et qui est OUI toute entière, apporte son consentement, se laisse traverser par le rayon de la source et porte dans son regard la lumière infinie de l’éternel Amour.