L’éternelle jeunesse de Dieu nous invite au renouveau

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Résumé : Une retraite c’est se remettre dans les mains de Jésus, c’est un nouveau départ, une marche confiante à l’image du voyageur sans bagage qui n’est pas encombré par le passé.

Anouilh, dans le Voyageur sans bagages, nous présente un homme qui a perdu la mémoire et a été interné dans un asile. Pendant dix-sept ans, il est impossible de savoir à quelle famille il appartient. Enfin, un beau jour, sa famille tombe sur sa photo et le réclame. Il arrive chez lui après une absence de vingt ans. Il ne reconnaît personne et la première chose que fait sa famille, c’est de lui rappeler ce qu’il a été, le déshonneur qu’il a jeté sur elle. Trois ans de guerre, une blessure qui lui enlève la mémoire et, après vingt ans, à son retour chez lui, tout ce que l’on sait faire, au lieu de l’aider, c’est de le coiffer de son vieux moi et il n’y a pas de fautes, de sottises qu’on ne lui rappelle.

Chacun s’acharne à le remettre vingt et vingt-cinq ans en arrière alors qu’il est tout neuf, qu’il pourrait recommencer. Mais non ! On le replace dans cette vie de misère et, lorsque sa propre mère l’accable, il demande :  » Mais enfin, je ne vous ai jamais donné aucune joie ?  » et sa mère de répondre :  » Non, jamais « . Alors, qu’est-il venu faire dans sa famille, si c’est pour lui refuser tout crédit et l’empêcher de faire un nouveau départ qu’on l’a appelé ? Il comprend que c’est parfaitement inutile qu’il reste dans sa famille où il n’a plus sa place et il écoute l’appel d’un jeune adolescent qui cherche une tendresse et une affection et il se dit :  » En voilà un qui a besoin de moi « .

Il semble que cette pièce soit une parabole qu’il est utile de méditer au commencement d’une retraite. Il ne s’agit pas pour nous de remettre les pas dans les pas. Il s’agit, au contraire, d’entrer dans cette retraite sans aucune espèce de bagages, avec une âme entièrement donnée en offrande à Dieu pour accomplir dans sa lumière ce que lui-même nous montrera. C’est la disposition fondamentale à laquelle le Seigneur nous invite : nous reposer de nous-mêmes en lui.

Pour un nouveau départ se remettre dans les mains de Jésus

Rien n’est plus accablant que le poids de nous-même, rien n’est meilleur que de nous reposer en Dieu. La grâce que nous demanderons, c’est d’être des voyageurs sans bagages qui laisseront derrière eux tout ce qui s’est accompli jusqu’à maintenant, qui se mettront à l’écoute du Dieu vivant et se réjouissent de faire un nouveau départ…

L’Évangile de saint Jean nous donne le sentiment brûlant de la rencontre des Apôtres avec Jésus. Vous vous rappelez cette scène où l’évangéliste raconte comment se trouvant avec Jean Baptiste dont ils avaient été les disciples et voyant passer Jésus, Jean leur dit :  » Voici l’Agneau de Dieu « . Alors ils quittent leur maître, ils suivent Jésus en se cachant et Jésus se retourne et leur dit :  » Qui cherchez-vous et que voulez-vous ?  » Ne sachant guère que répondre, ils disent :  » Seigneur où habitez-vous ?  » (Jn 1:38-39) et Jésus leur répond :  » Venez et voyez « . Et ils demeurent ce jour-là avec lui. C’était la dixième heure.

Jean a noté cette heure de la rencontre avec le Christ parce que c’était pour eux l’heure de l’amour. Il s’agit pour nous d’entrer exactement dans cette ligne, non pas d’entrer dans cette retraite avec tension et appréhension, mais avec ce sentiment d’entière liberté en nous remettant entre les mains de Jésus. Nous ne risquons rien à nous mettre à la disposition de Dieu et, comme il est d’une jeunesse inaltérable, notre jeunesse se renouvellera comme celle de l’Église. Il s’agit pour nous ce soir simplement de venir dans ce merveilleux jardin dont parle le Cantique des Cantiques, tout éclairé des parfums de la Vierge, pour qu’elle nous conduise à Jésus.

Sans le poids du passé être une aspiration libre vers Dieu

Ce que nous pouvons espérer de cette retraite, c’est justement un contact plus profond, plus confiant, plus joyeux avec ce visage imprimé dans nos cœurs. Aucun regard sur le passé, mais une libre aspiration vers Dieu en lui demandant que nous passions ces jours dans un simple regard d’amour vers lui.

Alors, nous serons vraiment des voyageurs sans bagages et nous pourrons reprendre notre marche en avant sans être encombrés par ce que nous avons pu faire, car là n’est pas la question. Il s’agit de tourner tout notre être vers notre Seigneur et de le laisser être en nous ce qu’il veut être.

Gardez ce soir cette image du voyageur sans bagages, l’image du jardin du Cantique des Cantiques où le Seigneur nous attend en faisant de cet appel à la suite du Christ, de ce regard sur Jésus, un simple repos de tout notre être en lui. Il a besoin de cette intimité, car il s’agit d’un échange de vie entre lui et nous, et la première chose dans l’amour, c’est de s’abandonner à l’être qu’on aime en étant assuré qu’il ne pourra que nous conduire à l’accomplissement de ce qu’il y a en nous de plus jeune, de plus simple, de plus beau.

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publié le 14/01/2018 – les 14-20/01/2018 – janvier 2018

Déjà publié sur le site le 29/08/2013 – les 29-30/08/2013