Vivre en Christ

5ème dimanche de Pâques, 2 mai 2021, Année B, Jean 15, 1-8

L’amour intime de Jésus ne doit pas être seulement pour nous seuls. Il doit avoir à travers nous un rayonnement et constituer la marque, le costume auquel on nous distingue. 

Retraite, Le Caire (Egypte) 1940
Mise en ligne: 27.04.21
Temps de lecture: 2 mn

«Revêtez-vous de Jésus-Christ», c’est-à-dire qu’il faut nous efforcer de vivre en empruntant le plus possible les pensées et les sentiments de notre Seigneur. Saint Paul ne disait-il pas: «Je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi» (Ga. 2, 20).

Nous devons ressembler au Christ non seulement parce qu’il a pris une humanité semblable à la nôtre, mais parce qu’il a donné à notre humanité une vie semblable, identique à la sienne, la vie même de Dieu.

Le prix de notre vie est de s’effacer en lui, parce que lui est au sommet du don de soi.

Notre Seigneur l’explique lui-même par cette comparaison: «Voyez une vigne. Dans les branches et dans le cep, c’est la même sève qui circule. Les branches vivent de la vie du tronc. Le cep, le tronc, c’est moi; les branches, c’est vous. En moi, la vie divine totale; en vous, tant que vous restez adhérents à moi, la vie divine par participation». (Jean 15, 1-6)

Branchés sur le Christ au jour de notre Baptême, nous avons reçu par lui la vie divine qui circule en nous, tant que nous demeurons en état de grâce; mais si la vie de Dieu est la même substantiellement dans le Christ et en nous, une seule chose diffère: la mesure.

Elle dépend de la capacité. Il la possède totale, et nous participée. Il la possède par nature, et nous par adoption. Il la possède inamissible, et nous pouvons la perdre.

Une seule chose importe donc: que nous gardions le contact, que nous restions, selon les expressions de saint Paul, «entés sur le Christ» enracinés dans le Christ.

De la sorte, la vie qui circule en lui pénètre en nous; et la vie du Christ, c’est la vie même de Dieu, contact qui nous délivre de nous-même dans une démission totale, parfaite, à la puissance qui nous pénètre et nous remplit. L’humilité dans l’amour, voilà la mystique authentique.

Cette démission, cette pauvreté dont l’Hôte divin embrase les âmes, est en lui à un degré infini.

Dieu est amour et sa puissance est identifiée à son Amour qui ne peut être qu’altruiste. L’amour égocentrique est impossible et monstrueux. C’est Dieu qui nous inspire cet amour du prochain et nous devons retrouver en lui la source de cet amour désintéressé, gratuit.

Il y a en moi plus que moi: ce trésor, cette valeur qui me dépasse et dans laquelle je dois m’effacer pour la transmettre aux autres. Ce don de soi est possible en Dieu, même au plus intime de sa vie intérieure.

Le prix de notre vie est de s’effacer en lui, parce que lui est au sommet du don de soi.

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