Le cadeau de la joie
3ème Semaine de l'Avent DE GAUDETE, Année B, Jn 1, 6-8. 19-28
Si nous voulons entrer en possession de notre héritage évangélique, si nous voulons rendre justice à toute la grandeur de Jésus-Christ, si nous voulons réaliser notre humanité avec toutes ses dimensions, il faut que nous commencions par prendre conscience que toute cette construction du «je» et «moi» auquel nous sommes si passionnément attachés, tout cela, c’est zéro!
Homélie, Lausanne, 1962
Mise en ligne: 10.12.20
Temps de lecture: 2 mn

C’est zéro, parce que ce n’est pas nous et que nous n’avons aucune raison de défendre ce moi préfabriqué dont nous avons été coiffés malgré nous.
Alors, nous serons plus aptes, il nous sera plus aisé, si nous allons jusqu’au bout de cette prise de conscience, de nous détendre, de nous abandonner, d’entrer par ce que notre Seigneur appelle «la nouvelle naissance», d’entrer par cette nouvelle naissance dans toute la splendeur de notre humanité.
Pour Jésus, le bien, c’est le bien que l’on devient
Car, dès que nous décrocherons de ce moi qui n’est pas nous, nous rencontrerons ce cœur de Dieu qui bat dans le nôtre, nous rencontrerons cette présence bien-aimée de l’Esprit saint qui est répandue dans nos âmes, nous rencontrerons ce visage de Jésus qui ne cesse de nous attendre et qui, au plus intime de nous, constitue une espèce d’aimantation de générosité et d’amour et comme un permanent appel à la liberté.
Voilà : c’est cela le grand cadeau de Jésus. Il ouvre toutes les portes et toutes les fenêtres à la lumière et à la joie, parce qu’il nous permet de nous désentraver, il nous permet de décoller de nos limites, et il nous montre à l’horizon ce moi tout neuf, ce moi adulte, ce moi personnel qui résulte justement du dialogue avec Dieu.
Car le Dieu que Jésus-Christ nous révèle, c’est un Dieu qui est tout amour, un Dieu qui sollicite notre amour et qui, parce qu’il est entièrement donné, fait jaillir en nous, dans la mesure où nous correspondons à son appel, l’amour qui est tout le bien.
Il est donc parfaitement clair que, pour Jésus, le bien, c’est le bien que l’on devient et que ce bien que l’on devient, c’est la même chose que la liberté où l’on respire, et il n’y a pas autre chose: Jésus, vraiment, nous a délivrés de toute loi.
Il n’y a qu’un seul appel dans son message, c’est de ne plus rien subir, c’est de décoller de tout ce qui est préfabriqué, c’est d’inventer en nous cette vie toute neuve qui jaillit du dialogue avec Dieu, c’est de devenir enfin, dans la plénitude de ce terme, des hommes libres.
Quelle joie de voir que, justement, la sainteté chrétienne s’identifie avec la plénitude de la liberté, selon le mot qui est au cœur de l’Evangile : «Si vous écoutez ma parole et si vous devenez mes disciples, vous serez les disciples de la vérité et la vérité vous rendra libres.» (Jn 8, 32)


