Chemins de Sagesse
32ème dimanche du Temps Ordinaire, Année A, Mt 25, 1-13
A la fin de ce texte, on trouve une allusion à la parabole des «vierges sages et des vierges folles», lue ce dimanche. L’huile de la lampe est la quête de la sagesse. Le peuple juif a quêté cette sagesse. Mais au moment de reconnaître les «noces de l’Agneau», dans sa grande majorité, il ne l’a pas fait. Un jour viendra…
Texte de Maurice Zundel, Rencontre du Christ, n° 294-297
Mise en ligne: 06.11.20
Temps de lecture: 2 mn

Un peuple ne peut se passer de littérature (écrite ou parlée). En fait, sa littérature a une part essentielle à son éducation. Ses idées y trouvent leur source et leur appui; ses moeurs s’y reflètent et s’y retrempent.
Les Juifs n’auront, pratiquement, d’autre littérature que la Bible. Il faudra qu’ils y trouvent, plus ou moins, tous les genres littéraires cultivés autour d’eux aux différentes époques de leur longue histoire.
Il ne faudra pas s’étonner de rencontrer des resemblances même littérales entre certains textes bibliques et d’autres textes de provenance sémitique, ressemblances qui tiennent aux règles du genre et à la similitude des matériaux exploités.
La différence d’esprit y est souvent d’autant plus apparente. Il suffit de lire, par exemple, le poème de la Création dans la version juive et dans la babylonienne pour apprécier, par comparaison, la transcendance biblique, dont le monothéisme si pur est un miracle dans l’ordre de la pensée.
Les plus grands philosophes de l’Antiquité, comme Socrate, Platon, Aristote, en dépit d’intuitions sublimes, n’ont pas toujours su garder leurs pensées de toute influence polythéiste et sont demeurés hésitants devant des problèmes que la Bible a tranchés d’un mot décisif et irrévocable dans la lumière de la Révélation. (Exemple: problème de la Création).
Pour nous, nous pouvons certes encore apprécier l’Ancien Testament au point de vue littéraire comme un suprême chef-d’oeuvre.
Mais nous le vénérons surtout comme le témoin le plus impressionnant du monothéisme, parce qu’il contient la Révélation d’un Dieu juste, d’un Dieu saint, d’un Dieu Esprit, sans prétendre, pour autant, rabaisser d’autres témoignages venus d’ailleurs (Egypte, Grèce, Chine, Inde, etc.).
Et nous gardons une immense reconnaissance à la nation juive, qui a été, dans l’humanité, la grande éducatrice de la pensée monothéiste.
Peuple messianique, Israël a pu faillir à sa mission au moment le plus décisif de son histoire; il n’en garde pas moins, aujourd’hui encore, la conscience de sa vocation privilégie.
Et comme les vierges attardées de la parabole, il se tient toujours debout, avec la lampe des Ecritures, témoin mystérieux, devant la porte qui s’est fermée sur lui – et qui peut encore s’ouvrir.


