La miséricorde universelle de Jésus
27e Semaine du Temps Ordinaire, Année A, Mt 21, 28-32
Les catégories religieuses éclatent dans l’Evangile où l’on voit Jésus mettre en valeur le païen, canoniser le centurion dont la foi est plus grande que celle de quiconque en Israël.
Homélie, Le Caire, Ascension 1967
Mise en ligne: 24.09.20
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Nous le voyons amener le docteur – un pharisien cousu dans ses propres vertus, convaincu de ses mérites – à reconnaître dans la parabole du bon Samaritain que le seul homme qui ait été fidèle à l’amour, c’est justement l’étranger, le schismatique, l’hérétique, le Samaritain.
Nous le voyons prendre la défense – et avec quelle puissance d’amour – de la pécheresse qui a beaucoup aimé, de la femme adultère, en demandant que celui-là lui jette la première pierre qui n’a jamais péché.
Nous l’entendons déclarer que les publicains, ces gens méprisés et honnis et détestés, les publicains et les prostituées vous précéderont dans le Royaume des Cieux. (…)
Le peuple élu, c’est celui qui s’élit lui-même dans la fidélité et dans l’amour.
Les yeux des apôtres ne s’ouvriront à ces miséricordes universelles que dans le baptême de l’Esprit. C’est cela qui leur a manqué justement: la catholicité, c’est-à-dire l’universalité de l’Amour.
Ils ont vu en Dieu un petit dieu que l’on peut monopoliser et s’approprier, un Dieu qui a un peuple « élu » et qui ignore les autres! Les autres sont pour eux simplement l’occasion et la condition de l’exaltation de son peuple.
Le sacrifice d’Abraham montre que, justement, ce n’est pas la postérité de la chair qui a jamais été élue, mais celle de l’esprit, celle de la foi, celle de l’amour. Le peuple élu, c’est celui qui s’élit lui-même dans la fidélité et dans l’amour.
Il y a une Eglise avant Jésus, une Eglise depuis le commencement du monde. L’Eglise des fidèles, de ce petit reste dont parle Isaïe, ce petit reste qui sera sauvé, c’est-à-dire ce petit reste qui sera fidèle et qui, au-dedans de lui, érigera le sanctuaire de la divinité.
Il est donc nécessaire que Jésus s’en aille (à l’Ascension), pour que ses disciples ne l’aient plus devant les yeux mais qu’ils le portent au-dedans d’eux-mêmes.
Car c’est au-dedans d’eux-mêmes qu’ils vont découvrir en lui une présence universelle. Tous les hommes sont appelés, tous les hommes ont été rachetés, ont été estimés au prix du sang du Seigneur et le Christ est présent à tous sans exception, à tous, quoi qu’ils pensent et quoi qu’ils s’imaginent croire! Il est présent à tous comme l’appel d’une générosité infinie.
Et c’est cela que les apôtres avaient à découvrir. Ils avaient à découvrir l’universalité du Christ, la catholicité de son Amour.


