453. — Que signifie la naissance virginale de Jésus ? Pourquoi Jésus est-il né d’une vierge ?
* Pour marquer, par cet exemple unique, qu’il inaugure une nouvelle humanité. Il est l’homme, l’homme universel, non pas seulement un homme. Il contient en soi tout le genre humain. Il est l’unité spirituelle de toutes les générations, il n’en émerge pas comme un chaînon. Il est le second Adam.
« Ne savez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des choses de mon Père ? » (Luc 2:49).
L’Enfant Jésus a parfaitement compris que son Père, c’est Dieu, et qu’il doit se consacrer aux affaires de son Père.
454. — La Vierge doit être préparée à cette mission et y collaborer : elle doit donner Jésus à l’humanité. Cet enfant n’est pas à elle, mais à Dieu et à l’humanité. Sa maternité doit être un don à toute l’humanité. Elle a été associée spirituellement et librement à l’œuvre de la Rédemption par le consentement donné à Dieu, au jour de l’Annonciation. Sa maternité est une espèce de sacrement. Elle enfante, par une fécondité toute intérieure et universelle dans son intention, le Sauveur du monde.
Elle est la seconde Ève : la femme rachetée du péché, sans le contracter, pour collaborer au rachat de tous, en couvrant d’honneur toutes les mères, puisqu’elle offre en elle la réalisation parfaite des exigences spirituelles de la maternité humaine.
La mère humaine donne sans doute, à son enfant le corps, mais elle est surtout chargée d’élever l’esprit, l’âme, et de former Dieu en lui.
La maternité réclame la plus haute vie spirituelle, parce qu’elle doit développer la vie divine de l’enfant. Il faut que la mère soit sainte, pure et vierge dans son cœur, sinon elle ne pourra être mère selon l’esprit.
455. — La Sainte Vierge, elle, réalise d’une façon idéale la maternité, puisqu’elle est à la fois parfaitement mère et parfaitement vierge. Comme Jésus réalise de façon parfaite le Règne de Dieu dans son humanité, puisqu’il n’a pas de moi humain, rétablissant par cette sorte d’excès Rédempteur l’équilibre rompu par le débordement du moi, la Vierge Marie, par sa maternité toute spirituelle, relève la femme de la servitude où l’égoïsme de l’homme et sa propre faiblesse l’avaient entraînée, en lui montrant dans sa dignité de mère une mission divine destinée à donner à Dieu de nouveaux fils.
456. — C’est par l’esprit d’abord que la femme sera mère : voici la servante du Seigneur. Et après elle, spirituellement, par une adhésion totale au Christ, toute mère sera vierge, et toute vierge sera mère.
Il y aura sans doute des degrés :
Comme aucun être humain ne sera Fils de Dieu au sens où l’est Jésus, aucune Femme ne sera Mère de Dieu au sens unique où l’est Marie.
C’est assez beau de les avoir pour Modèles, avec le privilège de les imiter, et leur secours pour y parvenir.
457. — L’Évangile parle des “frères de Jésus”. Marie a-t-elle eu d’autres enfants ?
* Non, dit la Tradition catholique.
Relisons les passages où il est question des frères de Jésus :
« N’est-ce pas là le charpentier, le Fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? » (Marc 6:3).
Or, parlant plus loin de Jésus crucifié, saint Marc (15:40) nous dit : « I1 y avait aussi des femmes qui regardaient de loin, parmi lesquelles Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques le mineur et de José, et Salomé… »
On peut bien penser que ceux qui sont nommés ici sont les mêmes dont il est question plus haut, et que leur mère, Marie, n’est pas la mère de Jésus. Autrement, venant de parler de Jésus, et en une telle circonstance, l’Évangéliste aurait évidemment dit : “Sa mère”, et non : La mère de Jacques et de José.
En araméen, il n’y avait d’ailleurs pas de mot propre pour désigner le cousinage. Ce titre de “frères”, qui pouvait signifier “parents” vient donc assez naturellement dans l’Évangile. I1 avait dû passer de l’araméen dans le grec – d’autant plus aisément qu’il était devenu l’appellation stéréotypée de certains membres de la première communauté chrétienne, tels : Jacques et Simon, évêques de Jérusalem, officiellement désignés comme les “frères du Seigneur”.
458. — L’Évangile nous montre encore :
1) l’Enfant Jésus seul avec son père et sa mère, montant au Temple à l’âge de douze ans ;
2) Notre-Seigneur crucifié confiant à saint Jean sa mère qui va rester seule.
Celui qui admet la divinité de Jésus n’a pas de peine à admettre pour Lui une naissance exceptionnelle.
Celui pour qui Jésus est un homme comme les autres n’a évidemment pas à se poser le problème.
Aux yeux de la foi, tout prend l’aspect d’un don et partout s’affirme la primauté de l’Esprit et l’excès de l’Amour.
Si le Fils de Marie est le Sauveur du Monde, c’est qu’Il est le Verbe fait chair et qu’Il a été conçu du Saint-Esprit.
Marie n’a été Sa Mère que pour Le donner comme la Femme Pauvre (d’elle-même).