1947 – Toussaint

01/11/2015
novembre 2015

Maurice Zundel probablement à Lausanne, pour la Toussaint, en 1947

La personne est l’être source où tout l’être n’est plus que transparence à Dieu

Un être plein de lui-même nous donne toujours l’impres­sion du vide, d’autant plus poignante qu’il est mieux doué. Ses dons restent étrangers à l’égoïsme animal dont il s’aime, et nous sentons qu’il les trahit en s’en faisant hommage et en nous offrant cette façade derrière laquelle il n’y a personne. Car la personne est l’être source qui restitue les dons qu’elle a reçus, dans un jaillissement d’amour, où nous devient sensible l’Amour vers lequel son visage est tendu.

C’est la Présence divine où ils s’effacent qui nous fascinent chez les saints.

C’est là, justement, le propre du génie de nous mettre en contact avec plus que lui-même. Mais c’est bien davantage encore le privilège de la sainteté : ce génie du génie, où tout l’être n’est plus que transparence à Dieu. L’admiration et l’amour qu’elle nous inspire, n’a pas d’autre objet : c’est la Présence divine où ils s’effacent qui nous fascinent chez les saints, et, si nous les suivons, c’est pour être introduits, par leur amitié, dans le dialogue d’Amour où la créature se perd en Dieu.

La Toussaint nous associe

La Toussaint qui nous associe à l’offrande que font d’elle-même toutes les âmes éternellement consumées dans l’Amour, que l’histoire fasse ou non, mémoire de leur passage ici-bas, est donc par excellence la Fête-Dieu, où, dans le chœur des Saints, la Trinité divine est chantée.

Comment atteignons-nous l’intimité de nos aimés, sinon par l’échange de Dieu qui, seul, nous rend vraiment intérieurs à eux comme à nous-mêmes.

En nous faisant entrer dans cette immense procession de lumière et d’amour, l’Eglise nous ramène au centre de toutes nos tendresses. Car enfin, comment atteignons-nous l’intimité de nos aimés, sinon par l’échange de Dieu qui, seul, nous rend vraiment intérieurs à eux comme à nous-mêmes.

À travers cet au-delà, au-dedans se nouent les liens

Maintenant, déjà, c’est à travers le Ciel que nous nous joignons les uns les autres. C’est à travers cet au-delà, au-dedans, que se nouent les liens de nos plus chères amitiés.

Maintenant, déjà, c’est à travers le Ciel que nous nous joignons les uns les autres. C’est à travers cet au-delà, au-dedans, que se nouent les liens de nos plus chères amitiés.

La mort ne change rien à ces rapporte dont l’Eternel est le secret, et nos bien-aimés, disparus à nos yeux, ne cessent de vivre, au plus intime de nous-même, en Dieu qui est la vie de notre vie.

La mort ne change rien à ces rapporte dont l’Eternel est le secret, et nos bien-aimés, disparus à nos yeux, ne cessent de vivre, au plus intime de nous-même, en Dieu qui est la vie de notre vie. Il suffit, pour les retrouver, de nous recueillir dans le silence de nous-même, et d’adhérer à la Présence qui contient notre présence. Alors se poursuit la conversation ineffable dont le texte est l’unique Parole et nous entrons avec eux, dès aujourd’hui, dans la Toussaint triomphante où l’amour de Dieu et l’amour de l’homme ne sont qu’un seul et même amour.